Routes limitées à 80 km/h : Édouard Philippe assume sa (très) impopulaire mesure

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Nombreux sont les Français à décrier la limitation à 80 km/h sur les routes départementales, qui entre en vigueur dimanche. Édouard Philippe, à l'origine de cette mesure, défend bec et ongles la mesure.

À deux jours de l'entrée en vigueur de la limitation à 80 km/h sur les routes départementales, dimanche 1er juillet, le Premier ministre se rend vendredi sur le terrain pour en faire la promotion. Il doit se rendre avec son équipe au centre de formation des sapeurs-pompiers de Paris, à Saint-Denis.

Édouard Philippe persiste et signe. Cette mesure, qui concerne les routes à double sens, sans séparateur, soit 40% du réseau français, génère une très forte contestation depuis plusieurs mois. Mais Édouard Philippe assume. "C'est un mauvais moment à passer pour lui, mais il est droit dans ses bottes", assure un proche. À Matignon, on estime que l'impact dans l'opinion aura vraiment lieu une fois la mesure entrée en vigueur.

Une mesure impopulaire. Pour autant, il n'est pas question de "se planquer". Le Premier ministre doit rappeler vendredi matin l'enjeu de sa décision : faire baisser le nombre de morts sur les routes de France. Lundi, il doit intervenir dans les médias pour justifier cette mesure décriée… y compris au gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb n'a pas faire beaucoup d'efforts pour masquer son hostilité à la mesure. Une autre de ses collègues met en garde : "La mesure n'est pas populaire dans des territoires qui se sentent déjà abandonnés".

Quel degré de tolérance ? À Matignon, on martèle les chiffres : "Sur un trajet de 40 kilomètres, on ne perd que trois minutes". Mais il loin d'être certain que cet argument suffise à calmer la grogne. Et pour cause, les radars automatiques flasheront les dépassements dès dimanche, quand bien même les nouveaux panneaux de signalisation n'auront pas encore été installés, au principe que nul n'est censé ignorer la loi. En revanche, il y aura une période de tolérance pour les contrôles effectués par les gendarmes, appelée "période de pédagogie" par le cabinet du Premier ministre. Au lieu des contraventions, les forces de l'ordre distribueront dans un premier temps des flyers d'information.