Roger Karoutchi : "C'est à Christiane Taubira de prendre sa responsabilité"

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Le sénateur LR des Hauts-de-Seine était l'invité d'un débat jeudi avec Corinne Narassiguin, porte-parole du PS, sur le maintien de la déchéance de nationalité et sur le désaveu de la garde des Sceaux.   

INTERVIEW

Chose rare dans l'opposition, Roger Karoutchi ne demande pas la démission de Christiane Taubira après son désaveu. Invité d'un débat jeudi sur Europe 1,  avec la porte-parole du PS Corinne Narassiguin, au sujet du maintien de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, le sénateur LR des Hauts-de-Seine a néanmoins estimé que la garde des Sceaux n'était pas à sa place par rapport à la ligne sécuritaire du gouvernement.

Il y a eu "un changement de pied à l'Elysée". Roger Karoutchi ne croit pas que Christiane Taubira n'ait pas eu l’aval de l’Élysée : "En réalité, il y a eu un changement de pied à l’Elysée et chez Manuel Valls, parce qu’on avait des réticences des ministres, de Manuel Valls sur la déchéance", affirme le sénateur. Contrairement au député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, mercredi, il refuse de demander la démission de Christiane Taubira :" Moi je ne demande même pas la démission de Taubira, parce que c’est pas à moi de le faire", explique Roger Karoutchi avant d'ajouter : "Je pense que c’est à elle de prendre sa responsabilité et au gouvernement".

Taubira n'aurait de toute façon jamais pu porter le projet. Car Roger Karoutchi considère tout de même qu'il y a un problème avec la présence de Christiane Taubira à son poste de garde des Sceaux: "On constate que la ligne de politique de Madame Taubira, n’est pas forcément la ligne de Manuel Valls en matière de sécurité". Celui qui a été secrétaire d'État chargé de Relations avec le Parlement sous Nicolas Sarkozy, explique qu'elle n'aurait de toute façon jamais pu conduire la réforme :"Comment Madame Taubira, garde des Sceaux peut conduire ce débat en étant pas d’accord avec le texte qu’elle est censée faire voter ?", s'est interrogé le sénateur. Finalement, c'est Manuel Valls qui portera la réforme à la place de la ministre comme il l’a annoncé mercredi sur TF1. Une décision que ne comprend d'ailleurs pas Roger Karoutchi : "Il a pas d’autres choses à faire ?". 


Mardi, Christiane Taubira annonçait sur une radio algérienne que le projet de révision constitutionnelle, qui était présenté en Conseil des ministres mercredi, "ne retenait pas" l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France". Elle était contredite le lendemain à la suite du Conseil des ministres, par le président de la République lui-même.