Rocard "en veut un peu" aux homosexuels

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Rocard "en veut un peu" aux homosexuels
@ REUTERS
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Favorable au mariage gay, l'ancien Premier ministre y voit néanmoins "une revanche" des homosexuels.

Interrogé sur sa vision du mariage gay, l'ancien Premier ministre Michel Rocard a livré ses impressions à l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Dénonçant des relents d'"homophobie" et apportant son soutien au mariage gay, il ajoute ensuite néanmoins des nuances : il considère que "le Pacs aurait pu suffire", refuse l'adoption et voit dans cette affaire une forme de "revanche" de la communauté gay.

Sa vision de l'homosexualité. : Michel Rocard l'avoue, "pendant très longtemps je ne savais pas ce que c'était que l'homosexualité. Quand j'ai découvert que ça existait, j'ai été stupéfait et assez révulsé, et physiquement ce n'est pas mon truc. Mais on a le droit d'être fait différemment". Et l'ancien Premier ministre de regretter que l"'homophobie" se soit "déchaînée" ces dernières semaines.

Favorable au "mariage pour tous" mais... Michel Rocard se dit "pour" le mariage pour tous car "il y a un moment historique qui exige qu'on remette du calme dans notre communauté homosexuelle qui a été secouée. Il faut y aller et officialiser cette reconnaissance et cette dignité". Mais Michel Rocard ajoute ensuite, qu'à ses yeux, "le Pacs aurait pu suffire".

Opposé à l'adoption pour les couples homosexuels. S'estimant "pas du tout expert (...) sur le problème juridique lié à la situation des enfants", Michel Rocard juge tout de même "dangereux" l'adoption par des couples homosexuels : "tout ça, dit-il, me paraît dangereux. Pour l'adoption, il me semble que ce n'est pas souhaitable, donc je ne suis pas pour".

Il regrette une forme de revanche de la communauté homosexuelle. "J'en veux un peu aux communautés homosexuelles de ne pas s'être contentées du Pacs et d'avoir poussé leur revendication jusqu'à des symboles, recherchant un peu une revanche ou la victoire sur les hétéros pour gommer un long passé. La communauté homosexuelle a tort de pousser jusqu'aux symboles qui appartiennent objectivement aux hétéros à raison de ce qu'ils sont", estime-t-il. "Je veux dire à la communauté homosexuelle que je trouve qu'elle est passée de la quête du raisonnable, d'une reconnaissance qu'elle était en train de gagner, à une agrégation des symboles des hétéros et que cela est dangereux parce que la déstabilisation des symboles met à mal les sentiments de communauté et d'appartenance".