Rigueur : au gouvernement, on s’inquiète

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Rigueur : au gouvernement, on s’inquiète
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Les mauvais chiffres de l’économie obligent à de nouvelles économies. Certains râlent déjà.

Semaine noire pour l’exécutif. Deux mauvaises nouvelles sont en effet venues effacer les bienfaits de l’intervention française au Mali : la France ne parviendra pas à ramener son déficit public à 3% en 2013 et la croissance économique a stagné en 2012. Une situation qui va obliger le gouvernement à faire encore plus d’économies pour contenter Bruxelles, ce qui ne va pas sans faire grincer quelques dents. C’est désormais 50 milliards d’euros en cinq ans qu’il faut trouver, et tout le monde sera mis à contribution.

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© MaxPPP

Un tour de vis obligatoire…Le Figaro et Les Echos l’annoncent de concert lundi : Jean-Marc Ayrault va envoyer dès le milieu de cette semaine les lettres de cadrages à tous ses ministres, soit "six semaines plus tôt que les autres années". Selon le quotidien de droite, qui s’appuie sur l’entourage du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, ces lettres plafond sur les dépenses de fonctionnement de l'année suivante sont envoyées précocement car les discussions s'annoncent "plus dures que jamais" entre Bercy et les autres ministères. "Beaucoup vont ruer. Ils expliquent déjà au Président et au Premier ministre qu'ils ne peuvent pas, que c'est trop difficile. C'est un moment politique important", explique un conseiller du pouvoir dans les colonnes du Journal du Dimanche.

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… mais qui inquiète. Au gouvernement, les mesures d’économies annoncées ne plaisent pas à tout le monde, même si peu l’expriment à haute voix. Cécile Duflot fait partie des exceptions. Dans le Journal du Dimanche, la ministre du Logement estime ainsi que "la réponse à la situation financière de la France ne peut se réduire uniquement à tailler dans les dépenses". L’écologiste a été suivie par la ministre de… l’Ecologie. "On est au maximum de ce qu'on peut faire en termes d'économie et de réduction des dépenses", a déclaré Delphine Batho au micro du Grand Entretien de RCJ, dimanche. "Je pense qu'il faut avoir conscience que la sortie de crise, ce n'est pas qu'une question de bonne gestion du budget", a-t-elle encore prévenu.

Anne Hidalgo, favorite à la mairie de Paris, s’inquiète également, tout comme l’aile gauche de la majorité. "Il ne faut pas tuer la croissance naissante, en étant obnubilé par ces 3%", préconise ainsi Jérôme Guedj, lundi matin, sur Europe 1. Et selon nos informations, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Stéphane Le Foll font également partie des mécontents, eux qui estiment qu'il faudrait au contraire profiter de la chute du dogme des 3%.

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© REUTERS

Pédagogie et calinothérapie. Pour rassurer le gouvernement, et justifier son tour de vis, le couple de l’exécutif va s’activer. Mercredi, Jean-Marc Ayrault déjeunera avec ses ministres. "Tous n'ont pas encore bien compris la situation du pays, certains ne pensaient pas être nommés pour mener cette politique, on va leur expliquer", avance un conseiller de Matignon dans le JDD. Le lendemain, c’est François Hollande qui recevra les poids lourds du gouvernement. Expliquer, rassurer… économiser.