Retraites : les recettes d’Aubry

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Retraites : les recettes d’Aubry
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La patronne du PS estime dans Le Monde que la priorité doit aller à de "nouvelles ressources".

Deux jours après l’ouverture de la concertation entre gouvernement et partenaires sociaux sur la réforme des retraites, Martine Aubry sort de son silence. La première secrétaire du Parti socialiste estime dans une tribune publiée dans Le Monde datée de jeudi, que l’urgence est d’abord de trouver de nouvelles ressources. Elle appelle également la majorité à ne pas "dramatiser" le débat "pour imposer ses décisions à sens unique dans l'urgence".

Martine Aubry, qui fut ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin, promet que les socialistes seront "inventifs pour trouver des solutions qui garantissent la pérennité et l'équité du système par répartition". Les principaux courants, qui divergent sur les pistes de réforme des retraites, doivent avoir une "réunion de cadrage" mardi prochain. Mais le Parti socialiste sera "au rendez-vous des contre-propositions" mais "nous le ferons sans céder aux ultimatums", prévient la première secrétaire.

Surtaxe pour les banques

Du côté des pistes, Martine Aubry assure que le PS défendra "le maintien de l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans". Le PS ne renonce pas pour autant à "donner plus de souplesse aux choix individuels", précise-t-elle, ajoutant qu'il "faut tenir compte des parcours professionnels et de leur pénibilité". En janvier, la leader socialiste avait pourtant laissé entendre qu’elle ne s’opposerait pas à un relèvement de l’âge de la retraite, avant de faire marche arrière quelques jours plus tard.

Pour d’éventuelles nouvelles recettes, Martine Aubry évoque un élargissement de l'assiette des cotisations à la valeur ajoutée, des cotisations sur les stock-options, "l'abolition des privilèges fiscaux" ou une surtaxe de 10% de l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques.

"Prendre le temps"

Sur la forme, Martine Aubry appelle à ne pas brusquer les choses. Le gouvernement a déjà fait savoir qu’il voulait aller vite, avec la présentation des grandes lignes du projet de loi fin mai ou début juin et la présentation du texte au Parlement en septembre. Mais pour la première secrétaire, "il faudrait (...) prendre le temps d'une véritable négociation pour trouver les voies d'une réforme juste et viable".

Martine Aubry réagit également au rapport du rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui table sur un déficit des régimes de retraites qui pourrait atteindre 114 milliards par an à partir de 2050. Ce rapport est "un élément parmi d'autres de l'évaluation financière et (il) ne doit pas être instrumentalisé pour imposer des choix de société", estime la première secrétaire du PS.