Retraites : le geste de Sarkozy

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Retraites : le geste de Sarkozy
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Il a réclamé des amendements en faveur des parents, notamment ceux d’enfants handicapés.

Nicolas Sarkozy a demandé jeudi au gouvernement de déposer, dans le cadre de l'examen au Sénat du projet de loi de réforme des retraites, des amendements en faveur de parents aux carrières interrompues et de ceux ayant des enfants handicapés, a annoncé jeudi l'Elysée.

Une période transitoire de cinq ans

Au même moment, vers 10 heures, le ministre du Travail Eric Woerth présentait deux amendements en ce sens au Sénat. Un des amendements demandés par le chef de l'Etat concerne les parents "qui se sont arrêtés au moins un an dans les trois ans suivant la naissance d'un de leurs enfants", a précisé la présidence dans un communiqué.

Ceux-ci pourront bénéficier d'une retraite sans décote maintenu à l'âge de 65 ans "pendant une période transitoire de cinq ans". De même, est-il ajouté "les parents d'enfants handicapés conserveront le bénéfice de l'annulation de la décote à 65 ans, quelle que soit leur durée d'assurance et de manière pérenne". "L'arrivée d'un enfant handicapé dans un foyer s'accompagne d'un impact durable sur la vie de ses parents, notamment sur leur vie professionnelle", justifie la présidence.

Un coût de 3,4 milliards d'euros

Les avancées annoncées par l'exécutif représentent un coût de 3,4 milliards d'euros qui sera financé en partie par de nouvelles recettes, a indiqué jeudi l'Elysée. Lors de la présentation des nouveaux amendements au Sénat, le ministre du Travail Eric Woerth a précisé que cet effort financier de 3,4 milliards s'étalait jusqu'à 2022.

Il s'agit de mesures ""hors bouclier fiscal", comme les autres mesures destinées au financement de la réforme des retraites", selon un communiqué de l'Elysée.Il s'agit d'une part d'"une majoration du prélèvement social sur le capital à hauteur de 0,2 point" et d'autre part de "l'alignement du taux du prélèvement sur les plus-values de cessions immobilières hors résidence principale (passage de 17% à 19%) sur le taux applicable aux plus-values de cessions mobilières".

Pour Fabius, c'est "insuffisant"

L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé, de son côté, que les amendements seraient "insuffisants" pour arrêter la radicalisation du mouvement social. "Je crois que le gouvernement nous mène dans une impasse", alors que "le PS, lui, a un autre projet qui est peut-être plus exigeant mais qui au moins est financé".

"J'ai un peu peur de ce qui est en train de se faire parce que, comme le gouvernement ne veut pas discuter, notamment avec les organisations syndicales, vous avez une radicalisation qui risque de se produire et au bout de la radicalisation, on ne sait pas ce qui se passe", a-t-il encore déclaré.