Retraites des mères : Darcos ouvre un dossier miné

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Retraites des mères : Darcos ouvre un dossier miné
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Pour l'heure, le ministre du Travail n'a rien révélé des pistes étudiées. La Cnav parle, elle, de garantir un an au titre de la grossesse.

Jusqu'ici, les mères de famille avaient droit à une compensation allant jusqu'à deux ans par enfant qui leur permettait d'avoir de meilleures pensions de retraite. Selon la Cnav, en effet, la retraite des femme correspond en moyenne à 77% de celle des hommes. Sans ces compensations, ce serait 64%. Car ce sont presque toujours les femmes qui sacrifient leur carrière.

Un rapport sur l'égalité professionnelle remis en juillet au gouvernement est significatif : moins d'un cinquième des pères déclarent un changement professionnel suite à une naissance contre près de la moitié des femmes. Et 98% des allocataires du congé parental sont des femmes. De plus, quand il s'agit de partir du travail au pied levé pour s'occuper d'un enfant malade ou de prendre un congé pour le garder, c'est le plus souvent la mère qui est appelée et qui s'y colle, selon une étude de la Drees (statistiques des ministères sociaux) parue en juin. "Seuls 6% des hommes qui travaillent s'en chargent". Par ailleurs, "l'inégale répartition des tâches ménagères et éducatives entre père et mère "évolue peu", constate l'Institut national d'études démographiques (Ined) dans une étude parue fin avril. Et selon une enquête sur "la participation des pères aux soins et à l'éducation des enfants" publiée en mars par la caisse nationale d'allocations familiales, "le bilan est sans appel : les pères sont moins actifs que les mères".

Mais la Cour de cassation juge que ce système de compensation est discriminatoire. A charge pour le gouvernement et les partenaires sociaux de trouver une solution à ce casse-tête. "Préserver le droit des femmes, mais le faire sans discrimination et à budget constant", résume la présidente de la Cnav, Danièle Karniewicz, première à être reçue par Xavier Darcos. Selon elle, "il faudrait découper les deux ans de validation d'assurance (retraite) pour les mères" : "une partie réservée à la mère qui ne serait pas sujette à discrimination, parce que liée à l'accouchement. Elle pourrait être d'un an, si cette durée n'est pas jugée discriminatoire", propose-t-elle. "La deuxième partie, fixée pour l'instant à une année, serait ouverte au père ou à la mère, au titre de l'éducation des enfants".

Xavier Darcos n'a pas souhaité évoqué les pistes envisagées. Le ministre du Travail rencontrera la semaine prochaine les autres syndicats et les associations familiales, qui appellent tous à ne pas rogner la retraite des femmes. La CGT parle de "dégradation du droit des femmes", la CFDT d'aggravation de "la discrimination", le PCF de "coup bas". Les concertations prendront fin le 4 septembre prochain avec le Medef.