Retour forcé : Kouchner tacle Besson

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Retour forcé : Kouchner tacle Besson
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Le ministre des Affaires étrangères a pris mardi le contrepied de son collègue de l’Immigration sur l’expulsion de clandestins afghans.

Eric Besson et Bernard Kouchner ont en commun d’être deux anciens socialistes aujourd’hui membres du gouvernement Fillon. Cela n’empêche pas les deux hommes d’être parfois ouvertement en désaccord. Mardi, Bernard Kouchner s’est ainsi opposé à la politique du ministre de l’Immigration sur le retour forcé des Afghans en situation irrégulière sur le sol français dans leur pays en guerre.

"Je pense que ce ne n'est pas comme cela qu'il faut faire. Surtout quand on se bat là-bas. Je pense que ce n'est pas utile, je l'ai dit à Eric Besson (...) et au président" Nicolas Sarkozy, a déclaré le ministère des Affaires étrangères sur France Inter.

"Je rappellerai tout simplement d'abord que Bernard Kouchner était présent à New York dans la même pièce que le président de la République lorsque le président de la République a annoncé des retours forcés. J'imagine que s'il avait un désaccord majeur, il a eu l'occasion de s'en expliquer avec le président de la République", lui a répondu Eric Besson.

"La deuxième chose, son directeur a été directement associé à toutes les réunions interministérielles que nous avons eu sur le sujet. Je n'ai pas grand chose à dire de plus", a-t-il poursuivi dans la cour de l'Elysée.

"Je travaille main dans la main avec les ministres européens chargés de ces questions et, par ailleurs, si j'ai des directives à prendre, je les prends auprès du président de la République et du Premier ministre, ce qu'en la circonstance j'ai fait", a conclu Eric Besson.

Deux ministres d'ouverture qui s'opposent : à l'Assemblée, cela suscite des commentaires acerbes. "On peut difficilement avoir un gouvernement, où sur chaque dossier un ministre dire quelque chose et l'autre l'inverse. La diversité, si elle se fait au sein du gouvernement, cela pose le problème de l'autorité du gouvernement", s'est indigné le villipiniste Georges Tron.

Il y a une semaine, François Fillon recadrait Rama Yade, justement pour son manque de solidarité gouvernementale.

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