Rentrée parlementaire : les bonnes résolutions des députés

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Rentrée parlementaire : les bonnes résolutions des députés
REM, LR, Nouvelle Gauche, France Insoumise... quel que soit leur groupe, les députés se préparent activement pour la rentrée parlementaire.@ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Les élus de tous bords se réunissent pour des séminaires de rentrée cette semaine. Ceux de la REM se préparent à prévenir tout nouveau couac, tandis que les autres groupes peaufinent leur stratégie.

Les députés s'apprêtent à retrouver le chemin de l'hémicycle. Alors que les commissions de l'Assemblée nationale se sont déjà remises au travail, la session parlementaire reprendra lundi prochain, le 25 septembre. Et après des débuts au pas de course, parfois chahutés, toujours scrutés, les députés fraîchement élus en juin dernier ont tous pris de bonnes résolutions, qu'ils s'apprêtent à formuler lors des séminaires de rentrée qui s'enchaînent cette semaine.

Les élus de la majorité En marche! se retrouvent ainsi lundi et mardi aux Docks d'Aubervilliers. Deux jours pendant lesquels le groupe MoDem sera à Paris et Nouvelle Gauche au Mans. Mercredi et jeudi, ce sont les députés LR qui se réuniront à Troyes, tandis que la France Insoumise, elle, a programmé une journée parlementaire à huis-clos mercredi.

"On sait évaluer nos erreurs". Aux Docks d'Aubervilliers, la rentrée se veut studieuse et détendue à la fois – on n'en attendait pas moins d'élus amoureux des start-ups. Exit les conférences magistrales interminables, place aux travaux en petits groupes sur le rôle des députés, aux ateliers portant spécifiquement sur les textes législatifs à venir et à une soirée lundi. Les députés REM le savent : il va leur falloir faire oublier les débuts un peu chaotiques de leur majorité. "On sait évaluer nos erreurs", assure l'un d'entre eux, reconnaissant volontiers des errements en matière de communication. "On a manqué de méthode, notamment sur la loi de confiance. Il y a eu un manque d'explication. Ce n'est pas normal qu'on ne tire aucun bénéfice politique d'un texte aussi important."



Commandos de députés REM.Les députés REM ont donc décidé d'être plus offensifs médiatiquement. "On a été très pudiques jusqu'alors", regrette un jeune élu. Plus question de refuser des matinales ou de longues interviews. Dans l'hémicycle aussi, il va falloir aller au contact. Alors que, lors des premières semaines de travail parlementaire, les députés de la majorité ont souvent brillé par leur silence, ils ont adopté une nouvelle stratégie pour la rentrée : former des petits groupes de députés très calés pour défendre chaque texte. "Les dix mêmes élus prennent la parole en boucle pour occuper le terrain. Exactement comme le fait la droite."

Nouvelle Gauche doit se reconstruire. La République en marche! n'est pas le seul groupe parlementaire à peiner pour se faire entendre. Côté Nouvelle Gauche aussi, on reconnaît avoir du mal à être audible. "On passe de 310 à 31 députés", souligne un socialiste. "On a des macroniens dans le dos, sur les côtés, et on est face à un champ de ruine…" Pas facile de s'imposer dans ces conditions, même lorsqu'on peut se targuer d'une expérience politique plus longue que celle de bien des néo-élus REM. "Notre offre politique a été disqualifiée. La défaite a été tellement cinglante qu'on va jusqu'à se demander si on est légitimes pour s'opposer." Le séminaire du Mans doit donc offrir la possibilité à tous de retrouver ses esprits et permettre de redéfinir le rôle de chacun, afin que ce ne soient pas toujours les mêmes qui montent au créneau.  

On a des macroniens dans le dos, sur les côtés, et on est face à un champ de ruine… La défaite a été tellement cinglante qu'on va jusqu'à se demander si on est légitimes pour s'opposer.

LR en pointe sur la sécurité. Mais il n'y a pas que la communication qui doit être travaillée. Les élus Nouvelle Gauche en sont conscients : pour exister, il leur faudra proposer sur le fond, s'engouffrer dans les espaces qu'ils jugent délaissés par la majorité, en s'emparant de thèmes marqueurs à gauche, comme celui des inégalités. Côté LR, on s'apprête d'ailleurs à faire la même chose. Les élus Guillaume Larrivé et Eric Ciotti, pour ne citer qu'eux, voient en effet arriver dans l'hémicycle le projet de loi antiterroriste et, avec lui, les sujets sécuritaires qu'ils affectionnent. Pour la droite, c'est là l'occasion rêvée de donner de la voix en s'affirmant clairement dans l'opposition, ce qui lui était bien plus difficile à faire, par exemple, sur des ordonnances de réforme du code du travail qui reprenaient beaucoup de ses idées. Au moins une autre proposition de loi sur la sécurité est également en cours de finalisation au sein du groupe.

La France Insoumise plus remontée que jamais. Chez la France Insoumise, on a probablement moins de tirs à corriger. Peu de couacs ont été à déplorer au sein de cette opposition franche et, de l'avis de tous, nettement audible. Les 17 députés du groupe de Jean-Luc Mélenchon ne comptent pas lever le pied pour autant, ne serait-ce que parce que le feuilleton des ordonnances n'est pas encore terminé. Présentées en conseil des ministres vendredi, elles doivent ensuite être ratifiées par le Parlement dans les trois mois. L'occasion de nouvelles passes d'armes pour la France Insoumise qui, par ailleurs, a profité de la fin de l'été pour prendre contact avec des associations et des syndicats pour affûter ses arguments. Mais pour ces députés, la rentrée se jouera au moins autant dans la rue que dans l'hémicycle. Et l'objectif reste avant tout de réussir la manifestation du 23 septembre.