Relance : Sarkozy verse dans l’auto-satisfaction

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Relance : Sarkozy verse dans l’auto-satisfaction
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Le chef de l’Etat a dressé mardi dans le Var un bilan des plus flatteurs de son action politique pendant la crise.

"Je ne dis pas ça par autosatisfaction, naturellement." Cette précision de Nicolas Sarkozy, prononcé en plein cœur de son discours mardi à la Seyne-sur-Mer, était loin d’être superflu. Car pendant trois quarts d’heure, le chef de l’Etat, de retour dans le Var plus d’un an après son discours de Toulon sur la crise financière, s’est livré à un véritable dithyrambe de son action politique en matière économique depuis l’effondrement du système financier mondial.

"L'activité en France a reculé moins qu'ailleurs et elle s'est remise à croître dès le deuxième trimestre de cette année. Nous avons moins détruit d'emplois et notre chômage a moins augmenté, a-t-il énuméré. On doit quand même honnêtement se dire que la politique économique conduite y est pour quelque chose! A un moment je suis quand même obligé de dire la vérité aux Français et de mettre les points sur les i. Ca fait du bien ." Pour appuyer son propos, Nicolas Sarkozy ne s’est pas privé de pointer les "ravages" de la crise aux Etats-Unis, la "déflation" au Japon et "l'effondrement" en Espagne ou Grande-Bretagne.

Décidément gonflé à bloc, Nicolas Sarkozy a ensuite poussé l’audace jusqu’à attaquer l’omnipotence du dollar. Pour lui, la nouvelle donne "demande un nouveau système monétaire international. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il n'y avait qu'une seule grande puissance, les Etats-Unis, il était normal qu'il n'y ait qu'une grande monnaie. Aujourd'hui le monde est multipolaire, le système doit être multi-monétaire. On ne peut être soumis au diktat d'une seule monnaie dans le monde tel qu'il est", a-t-il lancé, en évoquant comme horizon le G20 en 2011 en France.

En se félicitant de la nomination de Michel Barnier comme commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, qui prouve selon lui "qu'en Europe, on a tiré les conséquences de la crise", le président de la République a également indiqué vouloir imposer un modèle européen et non plus anglo-saxon. "Je veux un capitalisme basé sur la production et non plus sur la spéculation", a-t-il précisé.