Maréchal-Le Pen et Estrosi sur Europe 1 : les temps forts

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Maréchal-Le Pen et Estrosi sur Europe 1 : les temps forts
@ Ange Lorente/Capa Pictures/Europe 1.
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Le candidat Les Républicains en Paca et son adversaire du FN Marion Maréchal-Le Pen ont successivement répondu aux questions de Jean-Pierre Elkabbach mardi sur Europe 1.

L'ESSENTIEL

C’est sans conteste l’un des duels les plus attendus du second tour des élections régionales. Dimanche, Christian Estrosi ou Marion Maréchal-le Pen sera élu président de la région Paca la candidate du Front national part favorite, mais son adversaire des Républicains a profité du retrait de la liste socialiste emmenée par Christian Castaner. Le maire de Nice ne part donc pas battu.

>> Retrouvez les temps forts du duel Estrosi-Le Pen :

  • Estrosi donne des gages à la gauche

"J’ai besoin de rassembler", a admis d’emblée Christian Estrosi. Soucieux donc de capter les voix de gauche après le retrait de la liste socialiste, il a donné des gages. "Lorsque l’on se succède, on ne jette pas tout par la fenêtre", a-t-il affirmé. "Nous avons des visions culturelles partagées. Le soutien au planning familial, que ne veut plus accompagner Mme Le Pen, ce serait pour les femmes de ce territoire un drame, après tant de combats pour obtenir leur émancipation", a poursuivi le maire de Nice en référence à la proposition de Marion Maréchal-Le Pen de couper les subventions aux associations de planning familial de la région. "Nous avons besoin de tout cela. Je maintiendrai tout cela qui a été mis en place par Michel Vauzelle (le président PS sortant, ndlr)." 

Par ailleurs, le député-maire de Nice a annoncé la création d’un nouvel organe à destination de ses anciens adversaires. "Il n’est pas concevable que des dizaines de milliers d’électeurs soient exclus de pouvoir être entendus. Je mettrai donc en place une conférence territoriale qui permettra à des élus qui ne siègeront pas au Conseil régional de pouvoir s’exprimer, apporter une contribution à nos projets de transports, d’aménagement du territoire, à nos politiques culturelles, sociales, à nos plans de formation. Je recevrai chacun des partis politiques. Ce n’est pas de la co-gestion. C’est le moyen de donner la parole, de leur permettre de s’exprimer, et sans doute d’entendre un certain nombre de propositions qui pourraient mériter de l’être."

  • Feu nourri sur Marion Maréchal-Le Pen

Christian Estrosi a réservé la plupart de son temps à s’en prendre à son adversaire frontiste, qui représente selon lui "une expression populiste, où on entretient les peurs, où on ne cesse à coups de slogan de semer les inquiétudes, sans jamais apporter la moindre solution."

Au sujet des attaques à son endroit, le maire de Nice s’est offusqué. "On n’a pas le droit de toucher, dans le combat politique, à la personne. Ce que je n’ai jamais fait. Lundi soir, Jean-Marie Le Pen, dont elle se revendique de l’héritage, a osé s’en prendre à mon papa, qui est décédé il y a cinq ans, en disant je ne sais pas ce qu’il a fait pendant la guerre. S’attaquer à mon père de cette manière-là, s’attaquer à ma fille, il y a deux ans de cela, que j’aurais marié en secret à un islamiste radical. Ils sont capables de tous les mensonges, de salir chaque individu. Je veux alerter chaque citoyen de notre région : n’importe quel intellectuel, scientifique, créateur pourrait se trouver au banc de ce jugement porté. Voilà ce qu’est cette dynastie qui depuis 50 ans, par son archaïsme, essaye de jeter son discrédit sur les autres. 


Estrosi : la famille Le Pen est "capable de...par Europe1fr

Pour conclure, Christian Estrosi a adressé un message à Marion Maréchal-Le Pen. "Je ne comprends pas qu’appartenant à cette génération, on puisse avoir un sourire aussi jeune et un esprit aussi archaïque, aussi ringard", attaque-t-il. "Qu’on veuille faire de notre région une région de fils barbelés. Je ne comprends pas cette attitude de repli, de ringardisme, d’archaïsme". 

  • 250 millions d’euros pour la sécurité du côté d'Estrosi

Christian Estrosi a détaillé son programme en matière de sécurité. "Cette politique aura un coût de 250 millions d’euros dans les quatre ans à venir. Les portiques dans les gares, c’est 5,5 millions d’euros", explique le maire de Nice, avant de s’en prendre une nouvelle fois à Marion Maréchal-Le Pen. "Le gouvernement lui-même reconnaît sa validité. Madame Le Pen continue à dire que c’est une stupidité, un gag. Elle préfère donc qu’il y ait des citoyens de cette région qui sautent dans les rames de train plutôt que de les voir être préservés. "

Le député des Alpes-Maritimes a aussi parlé économie. "Quand je vois Mme Le Pen qui dit qu’elle soutiendra seulement les entreprises qui ont leur siège social dans notre région… ", lance-t-il. "C’est un sujet majeur. De voir des centaines d’entreprises qui vont quitter notre territoire. La suppression du Festival d’Avignon, du Festival de Cannes, c’est à cela que nous allons assister."

  • Marion Maréchal trouve "nul" Jean-Marie Le Pen...

La candidate frontiste n'a pas apprécié que son grand-père mette en ligne sur Twitter une vidéo de Christian Estrosi dansant avec des juifs orthodoxes. "Je trouve ça nul, je ne comprends pas l’intérêt. Je ne comprends pas, je ne comprends pas", a-t-elle insisté. 

  • ... Mais n'oublie pas Estrosi

"On voit aujourd’hui Christian Estrosi jouer la vierge effarouchée, mais je rappelle qu’en 1988, 1992, en 1993 et en 1998 était l’homme qui négociait avec le Front national de Jean-Marie Le Pen. Il a préféré s’allier avec la gauche en fonction de ses intérêts. Cet homme ne pense rien', a-t-elle taclé. Puis au sujet du slogan "résistance", choisi par son adversaire : "Je tiens à dire que Christian Estrosi a refusé le débat, ce qui pour un homme qui s’est autoproclamé comme résistant, n’est pas très courageux. Le résistant, ça m’amuse. On n’est pas en 39-45, il n’y a pas de menace nazi ou fasciste et si c’est ce type de résistants-là qu’on avait eu à l’époque, on n’aurait pas gagné la guerre." 

  • Marion Le Pen assume sur les musulmans et le planning familial 

La candidate frontiste avait choqué récemment en qualifiant les musulmans de citoyens de second rang. Elle a démenti et précisé sa pensée. "Ce n’est pas ce que j’ai dit. La France n’est pas une terre d’islam. Donc s’il peut évidemment y avoir des Français de confession musulmane, ils doivent se plier aux modes de vie et aux moeurs qui ont été façonnés entre autres par ces siècles de chrétienté. De fait de nos traditions populaires, la place des traditions à connotation catholique sont plus importantes sur la sphère publique que ne l’est celle de l’Islam. Donc on ne peut pas exiger une égalité de fait", a-t-elle précisé.


Marion Maréchal-Le Pen : "le planning familial...par Europe1fr

Sur le planning familial, Marion Maréchal-Le Pen a confirmé qu'elle couperait les subventions à cette association de soutien et d'éducation des jeunes femmes en matière sexuelle. "Indéniablement, le planning familial est une association politisée. Elle se qualifie elle-même de militante, qui défend une certaine conception de la famille : le mariage homosexuel, la PMA pour les coupes homosexuels, la théorie du genre, l’accueil des réfugiés. Ce n’est pas sain que le projet de santé qu’il porte soit accaparé par une idéologie. Et elle ne serait pas fermée pour la raison que ces associations bénéficient d’énormément d’argent public à tous les échelons."