Régionales : Rama Yade agace l’UMP

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Régionales : Rama Yade agace l’UMP
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Accusée de rechigner à se présenter dans le Val d’Oise, la secrétaire d’Etat s’attire les foudres du parti présidentiel.

Rama Yade n’est plus vraiment dans les petits papiers de l’UMP. Après avoir marqué sa différence sur l’affaire Jean Sarkozy -avant de se rétracter- la secrétaire d’Etat aux Sports fâche désormais la majorité sur les régionales. Pressentie pour se présenter en deuxième position dans le Val d’Oise, derrière Axel Poniatowski, elle préfèrerait se soumettre au vote dans les Hauts-de-Seine.

Porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse, chef de file UMP aux régionales en Ile-de-France, Rama Yade, d'origine africaine, s’était insurgé la semaine dernière contre un "parachutage ethnique". La jeune femme n’a pas appréciée qu’une élue UMP anonyme estime qu'elle ferait "couleur locale" dans le Val d'Oise. D’où sa colère et sa mutinerie.

"Rama Yade doit continuer à jouer collectif, a prévenu Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP. Quand on est ministre, on est obligé de se battre et de porter les couleurs de son parti. Il n'y a pas de petits combats, il y a des départements clés à arracher." "Numéro deux dans le Val-d'Oise, c'est une position agréable, confortable. Si vous faites la liste du nombre de personnes de qualité qui veulent être numéro deux dans le Val d'Oise, vous aurez pas mal de demandes", a enchéri de son côté Claude Goasguen, député UMP de Paris.

La secrétaire d’Etat aux Sports agace jusqu’à l’Elysée. Après avoir fustigé la visite de Mouammar Kadhafi et refusé de se présenter aux européennes (elle avait alors perdu son secrétariat aux droits de l’Homme), Rama Yade a peut-être franchi la ligne jaune en s’en prenant au fils de Nicolas Sarkozy. "Sarkozy ne lui a pas reparlé depuis", confirme un conseiller présidentiel, tandis que des sources gouvernementales affirment que le chef de l’Etat ne décolère pas contre elle.

Pour l’heure, Rama Yade peut s’appuyer sur son immense popularité. Plus de 70% des Français ont en effet une opinion favorable d’elle, selon un récent sondage Ipsos. Mais, prévient un de ses collègues du gouvernement, "elle ne doit pas oublier que Sarkozy l'a créée. Si elle veut creuser son propre sillon, très bien, mais elle a intérêt à être très, très forte."

La secrétaire d’Etat aux Sports semble avoir compris le message. "On verra là où on estimera que je suis le plus utile", a-t-elle déclaré lundi. "Ce n'est pas moi qui prends les décisions uniquement, c'est un fonctionnement d'équipe." Une déclaration de bonne volonté qui vient peut-être trop tard pour Rama Yade.