Régionales : la presse soulagée mais pas rassurée

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Régionales : la presse soulagée mais pas rassurée
@ Nicolas Derne / AFP
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Au lendemain du second tour des régionales, la presse attend de la gauche et de la droite une réaction salutaire.  

"Défaite pour tous", ou "élection sans vainqueur", hésite lundi la presse au lendemain du second tour des régionales d'où le Front national est sorti bredouille malgré un nouveau score record. Des journaux soulagés certes, mais sans tomber dans un "lâche soulagement" de funeste mémoire.

Eviter un "lâche soulagement". Il y a une semaine, Libération titrait "Ça se rapproche" à l'issue d'un premier tour où le FN était arrivé en tête dans six régions. "Soulagés, mais", avoue lundi le quotidien de gauche. "La défense républicaine a sauvé les meubles. Il est temps de passer à l'offensive", assène son directeur, Laurent Joffrin.



"Le soulagement est grand parmi les électeurs modérés. Cependant, il ne faudrait pas, pour reprendre une expression célèbre que ce soit un 'lâche soulagement'", écrit Guillaume Goubert dans La Croix en reprenant la formule historique de Léon Blum au lendemain des accords de Munich. "En d'autres termes, un risque immédiat a été évité. Mais si l'on ne se pose pas de sérieuses questions pour l'avenir, ce n'est que partie remise", ajoute l'éditorialiste du journal catholique dont la Une est sans équivoque : "La défaite pour tous".



"Election sans vainqueur". "C'est une élection sans vainqueur", renchérit dans La Voix du Nord Jean-Michel Bretonnier. "Le Front national gagne au premier tour et échoue au second, la droite ne profite pas du traditionnel vote sanction et le PS perd sa suprématie régionale." "Seule la démocratie pourrait revendiquer une victoire, ce matin", estime Christophe Hérigault dans La Nouvelle République du Centre Ouest.

"Retour aux petites affaires"?A la tête respectivement de cinq et sept régions, "la gauche et la droite auraient tort cependant de revenir à leurs petites affaires comme si de rien n'était", avertit Alexis Brézet, le directeur du Figaro. "Le FN n'a pas disparu, loin de là. Pour ses adversaires, l'obligation n'en est que plus grande de se montrer à la hauteur de la confiance qui leur a été renouvelée".