Régionales : l'UDI réclame sa part du gâteau

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Régionales : l'UDI réclame sa part du gâteau
@ THOMAS SAMSON / AFP
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Le parti centriste espère négocier trois présidences de région avec l'UMP.

L'INFO. "L’appétit vient en mangeant", disait Rabelais. Et vous ne trouverez pas grand monde à l'UDI pour le contredire. Forts de leur alliance à succès avec l'UMP lors des dernières élections départementales, les centristes se sentent pousser des ailes. "Nous demandons trois régions dans le cadre de listes d'union de la droite et du centre", affirme ainsi à Europe 1 Philippe Vigier, président des députés UDI. Une ambition qui fait grincer quelques dents à l'UMP.

Oui, mais à deux conditions. Les trois objectifs de l'UDI sont d'ores et déjà connus. Il s'agit de la Normandie, destinée à Hervé Morin, de la région Centre pour Philippe Vigier et de la Bourgogne-Franche Comté pour François Sauvadet, réélu il y a deux semaines président du conseil départemental de Côte d’Or. Nicolas Sarkozy serait prêt à valider un tel scenario, mais à deux conditions : que l'UDI présente un candidat à la primaire de la droite pour 2017 - mais Jean-Christophe Lagarde, patron de l'UDI, refuse de se prononcer et sollicitera ses militants sur ce point, en 2016 - et que les deux partis fassent des listes communes sur tout le territoire lors des régionales, prévues les 6 et 13 décembre prochain.

L'unité pose problème. Cette dernière condition pose déjà quelques soucis, alors même que les négociations entre les états-majors commencent à peine. En Ile-de-France, l’UDI est en effet bien décidée à maintenir la candidature de Chantal Jouanno face à celle de Valérie Pécresse (UMP). "Sur l’Ile de France, il y aura zéro négociations", confirme Jean-Christophe Lagarde.

Autre source de crispation : la grande région Rhône-Alpes Auvergne, où l'UMP a investi Laurent Wauquiez. Or Jean-Christophe Lagarde a longtemps assuré qu'il était hors de question pour son parti de se ranger derrière un candidat "en voie d’extrême droitisation". Michel Barnier se tient donc prêt à représenter les couleurs centristes si le tête-à-tête prévu entre Lagarde et Wauquiez ne convainc pas le premier.

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Guerre de tranchées entre Joyandet et Sauvadet. En Bourgogne Franche-Comté, deux candidats s'opposent également. Alain Joyandet (à gauche sur la photo), proche de Nicolas Sarkozy, est entré en campagne dès la fin 2014 en espérant mettre tout le monde d'accord, d'autant plus que la Bourgogne et la Franche-Comté ne sont pas des "terres centristes", juge un membre de son équipe de campagne, contacté par Europe 1. "S'il n'était pas parti si tôt, il était mort", poursuit-il. C'était sans compter sur François Sauvadet (à droite sur la photo), un autre ancien ministre du gouvernement Fillon, qui n'a pas l'intention de rendre les armes. En Bourgogne Franche-Comté, on est donc encore très loin de la constitution d'une liste commune. Pour preuve, François Sauvadet et Alain Joyandet ne s'adressent plus la parole depuis des mois, le premier allant jusqu'à changer son programme quand il apprend la présence du second sur le même marché que lui. Ambiance.

"Deux régions, ce serait déjà très bien payé". Nicolas Sarkozy va donc devoir jouer finement. La commission nationale d'investitures de l'UMP tranchera jeudi prochain les quelques cas difficiles. Ceux cités en feront évidemment partie. Mais au sein du principal parti d'opposition, on commence déjà à mettre la pression. "On peut espérer remporter sept présidences de région, et il faudrait en donner trois à l'UDI ? C'est beaucoup trop !", tacle le proche d'un candidat. "Deux régions, ce serait déjà très bien payé", assure une autre source interne.

"Trois régions me semblent un compromis correct". "Nicolas Sarkozy est le premier à avoir parlé de la nécessaire union de l'UMP et de l'UDI, donc je ne le vois pas se déjuger quelques semaines plus tard", rétorque un Philippe Vigier offensif.  Et le patron des députés UDI d'ajouter : "compte tenu de nos scores aux européennes et aux départementales, trois régions me semblent un compromis correct. Je suis optimiste". Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde se préparent à des discussions serrées.

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