Emploi, migrants, front républicain : ce qu'il faut retenir du débat en Nord-Pas-de-Calais-Picardie

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Emploi, migrants, front républicain : ce qu'il faut retenir du débat en Nord-Pas-de-Calais-Picardie
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Marine Le Pen (FN), Xavier Bertrand (LR) et Pierre de Saintignon (PS) ont débattu pendant 1h30, en direct sur Europe 1.

L'ESSENTIEL

"Je ne me rendrai pas ce soir à cette mascarade qu'est devenue depuis quelques heures l'émission de M. Pujadas Des paroles et des actes". Jeudi dernier, Marine Le Pen a annulé au tout dernier moment sa participation à l'émission politique de France 2. La présidente du FN était en revanche bien présente au débat sur les élections régionales organisé par Europe 1, iTELE et La Voix du Nord mardi soir, entre 18h30 et 20 heures.

>> Retrouvez ci-dessous les principaux points du débat :

• EMPLOI 

Si le gouvernement s’est enorgueilli lundi d’une baisse du chômage de 0,7%, la situation de l’emploi reste très préoccupante dans le Nord, où le taux de chômage atteint 12,5%. Marine Le Pen a estimé que "la région a un rôle essentiel : maintenir l’emploi local." La patronne du FN a ensuite explicité sa proposition, qu’elle défend aussi au niveau national, "le patriotisme économique. Cela consiste à permettre aux entreprises locales de pouvoir accepter aux marchés publics. Il y a la possibilité de le faire, contrairement à ce que disent mes adversaires."

Entendu sur Europe 1
Saintignon : "Il est faux de dire que la région est en déclin. Ele crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit"

Pierre de Saintignon, son adversaire PS, qui est vice-président de la région depuis 17 ans, rappelle qu’il est "au cœur de cette question depuis bien longtemps. Agir dans l’économie, c’est s’intéresser aux gens et à leur emploi. La région, qui a vécu des grandes heures industrielles, est aujourd’hui dans sa renaissance. Il est faux de dire que la région est en déclin. Ele crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit".


Bertrand à Le Pen : "Vous êtes le pire du système"par Europe1fr

Quant à Xavier Bertrand, la priorité est, pour lui, "de s’attaquer à ce paradoxe des emplois non pourvus. Tout le monde sait qu’il y a des chefs d’entreprises qui ne trouvent pas. Et, en même temps, il y a des demandeurs d’emplois qui ne trouvent pas de débouchés. Je me suis fixé un objectif : qu’en neuf mois, 60.000 personnes dans la région retrouvent un travail. Je m’engage sur ce sujet et j’y crois dur comme fer". Une proposition qui a ulcéré Pierre de Saintignon : "c’est une farce ou alors vous ne connaissez pas vos dossiers et la région".

• MIGRANTS

Quelque 6.000 personnes vivent actuellement dans des conditions dramatiques dans la jungle de Calais, en attendant de pouvoir un jour traverser la Manche et rejoindre la Grande-Bretagne. Marine Le Pen a évoqué "une image dramatique pour la région, donc cela a des conséquences sur le tourisme. Les hôteliers remplissent leurs chambres avec des policiers et des CRS. Bien sûr qu’il faut avoir de la compassion pour les migrants, mais moi, je me considère que ce sont sur les Calaisiens qu’il faut se pencher car ils vivent un véritable cauchemar". Et la présidente du FN d’ajouter : "Moi, j’arrête toutes les subventions qui viennent en aide aux migrants car elles contribuent à inciter les migrants à venir. Leur nombre a été multiplié par deux en trois semaines !"


Marine Le Pen : "J’arrête toutes les...par Europe1fr

Pierre de Saintignon tête de liste du PS, lui a répondu : "la situation est grave. Madame Le Pen parle d’image, moi je parle des gens. Les migrants sont là, dans la lande, avec des difficultés inouïes. J’ai croisé les regards de ses migrants, la peur, la demande de protection".

Entendu sur Europe 1
Bertrand : "Le problème que l’on a Calais, c’est à cause des Anglais"

Quant à Xavier Bertrand, il estime que "le problème que l’on a Calais, c’est à cause des Anglais. Ils doivent prendre une part de ce fardeau. Ils commencent à en prendre conscience. Avec Natacha Bouchard (maire de Calais, ndlr), on s’est mobilisé. Aujourd’hui, il faut l’armée en renfort des forces de l’ordre !"

• FRONT REPUBLICAIN

La question du second tour des régionales et d'un éventuel "front républicain" pour empêcher le FN d'emporter une région empoisonne la gauche. La question a été posée à Pierre de Saintignon d’un éventuel désistement de sa part, mais "cela ne se pose pas comme cela. Je me bats pour expliquer aux citoyens quels sont les enjeux de ce scrutin. Je leur dis notamment que je suis le seul candidat qui a annoncé clairement qu’il sera là à 100% pour la région. J’espère être devant M. Bertrand. Mon objectif est de rassembler la gauche, avec qui nous avons gouverné la région." Et les propos de Valls ? "Il a raison…"

Sur ce sujet, Marine Le Pen joue sur du velours, dénonçant le système "UMPS" : "cela fait des années que je vois l’UMP venir en soutien du PS. A toutes les législatives, ils ont appelé à voter PS ! C’est l’UMPS dans toute sa splendeur. C’est une réalité au niveau national, mais aussi local."

Entendu sur Europe 1
Le Pen : le front républicain, "c’est l’UMPS dans toute sa splendeur"

Xavier Bertrand, lui, demande à la patronne du FN "d’arrêter de nous bassiner avec votre ‘UMPS’. J’ai de la mémoire. Aux législatives de 2012, vous m’avez mis sur votre liste noire et vous avez appelé à voter socialiste au deuxième. J’ai été élu. Alors arrêtez de nous bassiner avec votre système ! Vous êtes le pire de système, son incarnation. Depuis 50 ans, la famille Le Pen vit de l’argent public et spécule sur la misère des gens".

Et l’ancien ministre du Travail d’ajouter : "avec Philippot, vous avez fait les poches de votre père pour lui prendre le magot et vous voulez nous donner des leçons ?"


Bertrand à Le Pen : "Vous êtes le pire du système"par Europe1fr