Régionales 2015 : débâcle d’EELV, déception pour le Front de gauche

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Régionales 2015 : débâcle d’EELV, déception pour le Front de gauche
Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse@ AFP
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Les listes écologistes, Front de gauche et communistes ont obtenus des résultats plus que décevants, en baisse par rapport à 2010, au premier tour des élections régionales dimanche. Pour la gauche de la gauche, il s’agit maintenant de sauver les meubles – où cela est encore possible - avant le second tour.

Cinq ans après les élections régionales de 2010, les listes Front de Gauche, écologistes et communistes ont vu leurs résultats en baisse au premier tour dimanche. Au niveau national, le Front de Gauche se tasse et récolte près de 4% des voix contre 5,84 % en 2010. Pour les écologistes, troisième force politique au premier tour en 2010 avec 12,18 % des voix, c’est une débâcle, ils se retrouvent  à 6,81%. En 2010, le parti écolo comptait 247 élus. Combien en restera-t il  le 13 décembre ?  Tout dépendra du score des listes fusionnées. Mais, cette élection s’apparente déjà à un échec lourd pour le parti d’Emmanuelle Cosse.   

La dégringolade des écologistes.  "C'est une triste soirée pour la gauche et Les Verts", regrettait Cécile Duflot, députée EELV de Paris, sur TF1 dimanche soir . Elle allait même plus loin en qualifiant le vote massif pour le Front National de "punition". Troisième force politique au premier tour des régionales de 2010, les Verts ont vu leur score divisé par deux.Quand ils étaient au-dessus de 10 % des voix dans douze régions il y a cinq ans, ils ne franchissent ce cap que dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées cette année. En Bourgogne-Franche-Comté et Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ils sont même en dessous des  5 %  nécessaires pour fusionner avec une autre liste. En PACA, pas d’élus en vue à cause du retrait de la liste PS. Selon ceux qui ont quitté la formation  EELV, le parti paie la division et les choix d’alliances avec le front de gauche : "En Nord-Pas-de-Calais, la liste écolo à moins de 5%, illustration de cette stratégie suicidaire", a notamment critiqué lundi Jean-Vincent Placé, sénateur de l’Essonne.

L’échec du Front de Gauche. Cinq ans après, le Front de Gauche n’arrive toujours pas à s’imposer aux régionales. Au terme d’une campagne jugée « calvaire » par Jean-Luc Mélenchon, le parti fait même moins bien qu’en 2010. Dans un communiqué publié dimanche soir, Pierre Laurent explique en partie ce résultat par les attentats du 13 novembre qui ont compliqué le scrutin : "Depuis les attentats du 13 novembre, la peur qu'ils ont suscitée et l'inquiétude provoquée par l'état d'urgence ont été largement instrumentalisés et ont compliqué encore le scrutin". Le secrétaire national du PCF estime cependant que même si les scores du Front de Gauche sont "encore très insuffisants", ils sont "un point d'appui pour les batailles à venir et pour battre la droite et le Front national au second tour".

Sauver les meubles avant le second tour. Il s’agit maintenant pour les deux forces politiques de sauver ce qui peut être sauvé avant le second tour. La secrétaire nationale d’Europe-Ecologie-Les-Verts, Emmanuelle Cosse, appelle à des "fusions des listes de gauche et des écologistes au second tour" pour faire en sorte "d’avoir des régions qui soient dirigées demain par cette majorité-là". Dans le cas des régions Nord-Pas-de-Calais et  Provence-Alpes-Côte d'Azur où le FN fait sa plus grande poussée et où la gauche ne sera pas présente au deuxième tour : , "On va appeler à voter pour les candidats républicains, mais ce n'est pas sans états d'âme", a regretté Emmanuelle Cosse  lundi matin sur I-télé. De son coté, Pierre Laurent a appelé "à construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche du premier tour", seule manière pour lui "d'empêcher la victoire totale de la droite et de l'extrême droite".