Réforme territoriale : les régions qui font encore débat

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Réforme territoriale : les régions qui font encore débat
L'Assemblée, qui aura le dernier mot, propose de laisser le Centre et Poitou-Charentes ensemble, et de rattacher le Limousin à l'Aquitaine.@ MaxPPP
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PUZZLE - Les députés débattront mercredi, en commission, du texte sur la réforme territoriale à l'Assemblée. Lourde tâche.

À quoi va (vraiment) ressembler la future carte de l'Hexagone ? Les députés débattront mercredi en commission du texte sur la réforme territoriale à l'Assemblée. Dans un souci d'économie budgétaire, l'exécutif a dévoilé début juin un projet de France à 14 régions. Mais il est critiqué de tout part, y compris à l'Assemblée, qui aura le dernier mot. Retour sur les principaux points d'achoppements.

>> Voici le projet initial du gouvernement :

carte des régions

© Elysée

La discorde à l'ouest. Les principaux points de désaccords résident dans l'ouest, avec notamment la fusion prévue par l'exécutif des régions Centre, Poitou-Charentes et Limousin. Les élus du Centre, notamment, craignent d'être tirés vers le bas par leurs voisins : le PIB moyen par habitant dans la région était de 25.238 euros en 2012, contre moins de 24.000 pour les voisins. "Où est la cohérence territoriale dans cette carte des régions ? La taille de ces régions est absurde. L’objectif devait être de faire des économies. Elle va au contraire générer des dépenses nouvelles (frais de déplacements des élus vu les distances !), et va complexifier considérablement le système", avait ainsi taclé le député UMP Serge Grouard, en juin.

Le Sénat a donc proposé, pour sa part, le rattachement du Poitou-Charentes et du Limousin, ainsi que du Centre et des Pays-de-Loire, face à la fronde des élus locaux. L'Assemblée, qui aura le dernier mot, propose, elle, de laisser le Centre et Poitou-Charentes ensemble, et de rattacher le Limousin à l'Aquitaine. "J'ai auditionné entre 50 et 100 conseillers régionaux, rencontré des dizaines de parlementaires et discuté avec le gouvernement. C'est la seule modification qui fasse plutôt consensus", a expliqué le socialiste Carlos Da Silva, rapporteur du texte sur la réforme territoriale à l'Assemblée.

>> Voici la nouvelle carte proposée à l'Assemblée :



Les Bretons veulent être "réunifiés". L'autre principal point de discorde réside entre les Pays-de-Loire et la Bretagne. De nombreuses voix, en effet, s'élèvent pour un rattachement des deux régions, que le gouvernement a décidé de séparer. Jean-Marc Ayrault, redevenu député PS des Pays de la Loire, signe ainsi lundi, avec 17 autres parlementaires de cette région, un appel à une fusion avec la Bretagne. "Nous connaissons les dynamiques de coopération et de développement à l'oeuvre entre notre région et la Bretagne (...). Cette densité de projets communs est unique. Elle n'existe avec aucune autre région voisine", soulignent les signataires dans cette tribune rendue publique mardi", écrivent-ils dans une tribune.

Manifestation réunification nantes bretagne

Le 28 juin, 8.450 personnes selon la police et 15.000 personnes, selon les organisateurs, avaient également manifesté à Nantes pour une région unifiée. Et selon un récent sondage LH2, 67% des Ligériens sont favorables à l'union avec la Bretagne, et 63 % des Bretons sont favorables à l'union avec les Pays de la Loire. Mais pour l'heure, ni le gouvernement, ni le Parlement ne semblent vouloir leur donner gain de cause.

Des voix qui s'élèvent partout. De manière générale, la réforme suscite des levées de boucliers un peu partout. Selon un sondage BVA du 7 juin, 56% des Français ne sont pas satisfaits du redécoupage proposé par François Hollande. En Franche-Comté, le sénateur Jean-Pierre Chevènement préférait par exemple un rattachement de sa région avec l'Alsace et la Lorraine plutôt que la Bourgogne. Le président PS de la région Auvergne, René Souchon, préférerait également une fusion avec le Centre que la région Rhône-Alpes. On peut encore citer certains élus picards, qui choisiraient la Normandie plutôt que la Champagne-Ardenne.

"On verra bien le sens que prendra le débat parlementaire", tranche le rapporteur Carlos Da Silva, qui indique pour l'heure que sa carte n'est "qu'un premier projet pour ce débat".

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