Réforme du collège : la gauche serre les rangs autour de Najat Vallaud-Belkacem

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Réforme du collège : la gauche serre les rangs autour de Najat Vallaud-Belkacem
valls najat@ MEHDI FEDOUACH / AFP
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Le gouvernement et le Parti socialiste défendent désormais bec et ongles la réforme du collège portée par la ministre de l'Education nationale.

Le ton monte chaque jour un peu plus autour de la réforme du collège. La droite, emmenée par Bruno Le Maire, a mis du temps à s'emparer du sujet, mais tous ses ténors ont désormais une petite phrase quotidienne vacharde à l'intention de la Najat Vallaud-Belkacem. Jusqu'à la semaine dernière, la ministre de l'Education était également contestée au sein de sa propre famille politique. Mais désormais, l'heure à l'union à gauche. Et la dernière sortie de Nicolas Sarkozy n'y est pas pour rien.

"Mais que voulez-vous que la parole de Sarkozy pèse ?" Nicolas Sarkozy s'est trouvé une nouvelle cible : "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem", a-t-il lâché lors d'un meeting pour promouvoir le nouveau nom de son parti. Réplique virulente de la ministre de l'Education : "Mais que voulez-vous que sa parole pèse ? C'est lui qui va venir nous parler, aujourd'hui, d'humanité ? Lui qui vouait La princesse de Clèves aux gémonies, considérant que c'est une œuvre trop élitiste pour la simple guichetière ?"

"Hollande appelle "l'ensemble du gouvernement" à soutenir la réforme. Manuel Valls s'est, une fois de plus, porté au secours de Najat Vallaud-Belkacem. Comme il l'avait fait un peu plus tôt dans la journée lors des questions au gouvernement, le Premier ministre a assuré quelle serait "un grand ministre de l'Education nationale". Et son gouvernement ira "jusqu'au bout" et "ne reculera pas" sur la réforme des collèges, a-t-il encore promis. "Le président de la République soutient (la réforme) et a demandé à tous les membres du gouvernement (leur) soutien", a déclaré Stéphane Le Foll, la sortie du conseil des ministres. U-NI-TE ! Jean-Christophe Cambadélis, patron du parti socialiste, parle, lui, d'une attaque "légèrement xénophobe" de la part du président de l'UMP : "Madame Taubira a été attaquée pour les raisons que l'on sait, pour la couleur de sa peau. Et Madame Vallaud-Belkacem est attaquée pour quoi ? Parce qu'elle s'appelle Belkacem".

"Il faut politiser le débat pour unir le peuple de gauche".Si, en coulisses, certains socialistes grognaient contre ce texte, l'exécutif a tapé du poing sur la table et appelé tout le monde à la raison. Le PS va ainsi faire imprimer et distribuer partout en France un tract Vrai/Faux pour éviter la caricature sur le contenu de la réforme. De son coté, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale va faire circuler, via les réseaux sociaux, une lettre à tous les parents de collégiens. "Il faut politiser le débat pour unir le peuple de gauche", décrypte un baron du parti.

Les jeunes surveillés du coin de l'œil. Un volontarisme qui devrait porter ses fruits à en croire l'exécutif, persuadé que la réforme va passer. Ce qui ne l'empêchera pas, tout de même, de scruter avec une grande attention le mouvement du 19 mai, organisé par l'intersyndicale des enseignants. Et l’attitude des jeunes, qui pourraient s’emparer du sujet, est également surveillée de près.

>> Ministre de l'Education nationale, c'est l'échec assuré ? La réponse en vidéo : 


Ministre de l'Education nationale, c'est l...par Europe1fr