Réforme des retraites : le Sénat dit non à l'unanimité

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Réforme des retraites : le Sénat dit non à l'unanimité
Les sénateurs communistes et UMP ont fait durer jeudi le débat sur le projet de loi de réforme des retraites, en soumettant de multiples amendements et en expliquant longuement leur désaccord sur la plupart des dispositions.@ REUTERS
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Les sénateurs, y compris les socialistes, ont rejeté le texte, qui avait été vidé de sa substance.

Le rendez-vous. Le Palais du Luxembourg joue encore une fois les rebelles. Les sénateurs ont rejeté mardi le projet de réforme des retraites à l'unanimité, socialistes compris. Droite et gauche ont voté contre ce projet qui avait été entièrement transformé au cours du débat, mais ils l'ont faits pour des raisons diamétralement opposées. En effet, si les socialistes ont rejeté le texte, c'est qu'il ne ressemblait plus du tout à celui présenté par le gouvernement.



 

Vidé de sa substance. Les sénateurs, sous l'impulsion de la droite et du centre et aidés par les voix des communistes, avaient en effet rejeté, la semaine dernière, la création d'un compte personnel de pénibilité au travail et l'allongement de la durée de cotisation, les deux points essentiels du projet concocté par la ministre du Travail Marisol Touraine et adopté en première lecture à l'Assemblée. Le Sénat avait également adopté un amendement centriste créant un système de retraite par points, qui va à l'encontre de la philosophie du gouvernement. Ce dernier n'a toutefois pas encore à s'en faire, puisque le texte doit ensuite repasser à l'Assemblée en dernière lecture, où le PS est majoritaire.

>> Europe1.fr vous résume ce que prévoyait le projet gouvernemental  :

43 ans de cotisations dès la génération 73. Le régime général regroupe les salariés du privé (hors professions libérales, artisans, commerçants, agriculteurs, soit 69,1% des actifs). Pour eux, la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein sera de 41,5 ans pour les générations 1955, 1956 et 1957, et va être progressivement allongée d'un trimestre tous les trois ans, à partir de la génération née en 1958. Résultat : la génération 1973 devra cotiser 43 ans pour prendre sa retraite en 2035. Les périodes d'apprentissage seront désormais validées.

>> Pour connaitre les spécificités selon que vous êtes fonctionnaires ou sous le statut des régimes spéciaux, cliquez ici

Une hausse des cotisations vieillesse. Les cotisations patronales et salariales seront chacune augmentées de 0,15 point dès le 1er janvier 2014, puis de 0,05 point en 2015, 2016 et 2017.

La création d'un compte pénibilité. Les salariés du privé exerçant des métiers pénibles pourront acquérir des points pour se reconvertir ou partir plus tôt à la retraite.

Les enfants moins pris en compte. Les majorations de pension (+10%) pour les retraités ayant eu trois enfants seront désormais soumises à l'impôt sur le revenu, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Le calendrier de revalorisation décalé. Les pensions seront désormais revalorisées seulement au 1er octobre de chaque année, contre le 1er avril actuellement, sauf pour les bénéficiaires du minimum vieillesse.

Ce qui ne bouge pas. À noter que l'âge légal de départ, 62 ans, ne bouge pas, ni la borne de 67 ans, âge auquel on peut toucher une retraite à taux plein quelle que soit la durée de cotisation. Certains fonctionnaires et agents des régimes spéciaux peuvent partir plus tôt (52 ou 57 ans) mais avec l'allongement de la durée de cotisation, ces derniers seront incités à retarder leur départ s'ils ne veulent pas voir leur pension amputée.