Réforme constitutionnelle : Sarkozy s'invite dans le bras de fer entre Macron et Larcher

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En 2008, Nicolas Sarkozy était passé par le Congrès pour faire voter sa réforme des institutions. Dix ans plus tard, Emmanuel Macron envisage d'utiliser un référendum pour contourner l'opposition sénatoriale.

Relativement discret depuis sa défaite à la primaire, Nicolas Sarkozy va prendre la parole mardi au Palais du Luxembourg. Alors que le Premier ministre commence la présentation de la réforme constitutionnelle aux différents chefs de groupes parlementaires, le président du Sénat Gérard Larcher, a invité l'ancien chef de l'Etat pour parler de son "retour d'expérience" sur sa propre réforme constitutionnelle de 2008.

Congrès ou référendum ? Nicolas Sarkozy va donc se retrouver à jouer les "vieux sages" devant une Chambre haute hostile à la réforme d'Emmanuel Macron, notamment sur la question du non-cumul des mandats dans le temps. En 2008, Nicolas Sarkozy avait fait le choix de faire voter le Parlement, et non pas d'utiliser le référendum, désormais brandi comme une menace par l'actuel exécutif pour faire aboutir son projet.


"Tout le monde doit faire un geste". Cette audition pourrait être l'occasion de déminer les tensions, analyse le sénateur LR Roger Karoutchi. "Je pense que le vrai message de Nicolas Sarkozy sera : attention, tout clivage entre le Parlement, le gouvernement, le président, peut être, sur le coup, populaire, mais n'est pas efficace à terme. Il vaut mieux travailler différemment", estime-t-il auprès d'Europe 1. Pour l'élu des Hauts-de-Seine, l'ex-chef de l'Etat pourrait inviter les sénateurs LR "à avancer, à ne pas se braquer et à négocier". "Tout le monde doit faire un geste. Pour le moment, on attend toujours le geste élyséen", pointe toutefois Roger Karoutchi.

Double risque. En son temps, Nicolas Sarkozy avait réussi à faire passer sa réforme à une seule voix près, celle du socialiste Jack Lang, alors qu'il avait la majorité dans les deux chambres. Utiliser le référendum est périlleux pour Emmanuel Macron, dans la mesure où il pourrait se mettre à dos le Sénat, mais passer par le Congrès l'est tout autant, car il est risqué de voir une promesse électorale faire long feu. Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy entretiennent de bonnes relations, reste à savoir si le premier sera à l'écoute du second.