Redressement judiciaire de la SNCM : Cuvillier est "un menteur" selon la CGT

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Redressement judiciaire de la SNCM : Cuvillier est "un menteur" selon la CGT
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GREVE - Alors que les salariés sont en grève, le secrétaire d'Etat aux Transports estime que c'est le "seul moyen pour redonner un avenir" à la compagnie maritime.

L'INFO. Voila une déclaration qui risque de ne pas passer auprès des employés de la compagnie maritime en grève depuis le 24 juin. Frédéric Cuvillier envisage favorablement le redressement judiciaire de la compagnie maritime en difficulté SNCM, a-t-il annoncé au quotidien régional La Provence samedi. Dans la soirée, les marins de l'entreprise ont en tout cas voté la poursuite du mouvement de grève.



La déclaration. "La voie du redressement judiciaire" favorisée par "la direction de l'entreprise" est "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu'elle redevienne un fleuron", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Transports. Ce dernier a précisé qu'il venait d'écrire "dans ce sens" aux organisations syndicales. Frédéric Cuvillier rejoint ici les positions de l'actionnaire principal, Transdev (détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts), dont l'homme fort Antoine Frérot, PDG de Veolia, préconise depuis fin février la mise sous "protection" de la SNCM, pour "la mettre à l'abri des amendes de Bruxelles".

Bonus. "Négocier prend du temps et l'Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n'a pas à le faire. Il ne peut, de toutes façons, légalement pas le faire. Cela veut dire que si l'on veut échapper aux contentieux, il faut changer l'organisation de la société. Il ne faut pas qu'il y ait une continuité d'activité dans les mêmes conditions. Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas. Chacun doit le comprendre sereinement. Il faut donc un plan de redressement maîtrisé. La situation décrite par la direction de l'entreprise laisse à penser que ce redressement passe par la voie du redressement judiciaire", explique ainsi le secrétaire d'Etat.

Les réactions. En réaction à ces annonces, la CGT de la SNCM a qualifié samedi le secrétaire d'Etat aux Transports de "menteur" et "liquidateur". "Le redressement judiciaire, c'est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements. Ce n'est pas acceptable pour nous. Frédéric Cuvillier est un menteur et un liquidateur", a déclaré le représentant CGT des marins, Frédéric Alpozzo, au 12e jour de grève de la compagnie. "Il a fallu 12 jours de grève, précédés d'un préavis d'un mois, pour avoir ça?", a-t-il encore lancé.

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Le contexte. C'est la première fois que l'hypothèse d'un redressement financier est publiquement évoquée comme solution par le gouvernement, sommé par les syndicats de "clarifier" ses positions, l'Etat détenant 25% du capital de la compagnie. Frédéric Cuvillier, qui s'était rendu lundi soir à Marseille pour rencontrer les représentants des salariés, justifie ce choix par une double "épée de Damoclès" pesant sur la compagnie. Celle de la trésorerie qui "pèse sur la pérennité de l'entreprise à court et à moyen terme" et celle des "contentieux européens". Il faut dire que la compagnie maritime a été condamnée par Bruxelles à rembourser deux fois 220 millions d'euros d'aides publiques jugées illicites.

Les engagements du gouvernement. Dans ce contexte, le secrétaire d'Etat, sans appeler explicitement à la fin de la grève, demande également que "chacun se montre responsable". Frédéric Cuvillier constate également que la situation de la compagnie "s'aggrave de jour en jour" avec la grève et qu'il faut "éviter les surenchères". S'il affirme aussi qu'il faudra "moderniser la flotte" de la SNCM, il assure que celle-ci "n'est pas en mesure aujourd'hui de passer commande de nouveaux navires".

Le plan industriel de redressement de la SNCM initialement validé début janvier par l'Etat prévoyait pourtant ce renouvellement de la flotte, en même temps qu'une augmentation du temps de travail et un plan de départ de 500 postes (sur 2.600), déjà lancé. Dans La Provence, Frédéric Cuvillier évoque à ce sujet la nécessité de "financer un plan social solide, en plus des départs volontaires".

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