Redécoupage des cantons : les élus déclarent la guerre

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L’INFO POLITIQUE - Bernadette Chirac n’est plus seule à gronder. Les élus veulent faire plier le gouvernement.

L’INFO. Le sujet s’annonce explosif. Juste avant Noël, Bernadette Chirac, "blessée" et "très vexée", s’était plainte auprès du président de la République du redécoupage des cantons, et notamment du sien, en Corrèze, appelé à disparaître. Jeudi, les premiers redécoupages ont été publiés au Journal officiel. Et l’ancienne Première dame n’est plus la seule frondeuse. Selon Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, de nombreux élus de terrains contestent la méthode et sont prêts à partir au feu contre cette décision du gouvernement.

"Valls, le meilleur ouvrier charcutier de France". Une petite délégation d’élus a déjà commencé le travail. Discrètement, ils ont ainsi été voir le président du Conseil d’Etat pour lui annoncer la couleur. Et qu’il risquait d’avoir beaucoup de boulot. La semaine prochaine, les maires, conseillers généraux, députés et sénateurs vont en effet adresser des recours au conseil d’Etat contre le redécoupage des cantons. La stratégie est simple : saturer l’institution, qui traite en moyenne 9.500 actes par an. Là, les frondeurs ambitionnent de lui envoyer… 10.000 recours dans les mois qui viennent ! Et ce n’est pas tout. Dans la même logique, ils ont prévu d’inonder les services de Matignon de courriers pour réclamer un recours gracieux. Or une simple lettre pour contester le redécoupage appelle une réponse argumentée du Premier ministre. Une guerre d’usure en somme… 

"Les cartes ont été faites rue de Solferino". L’un des meneurs de la révolte, le député centriste Maurice Leroy, résume la pensée de ses camarades : "on ne laissera pas Manuel Valls, le meilleur ouvrier charcutier de France, saucissonner la France rurale..." La contestation dépasse le traditionnel clivage politique droite-gauche. 14 départements socialistes ont ainsi voté contre le redécoupage, dont la Corrèze, pourtant terre d’élection de François Hollande. Mais à droite, on ne peut tout de même s’empêcher d’y voir une manœuvre politique : "les cartes ont été faites rue de Solferino", juge ainsi un élu de l’ouest.

A un mois des élections municipales, la majorité se serait bien passée de cette contestation venue de la base. Le redécoupage des cantons, qui n’avaient pas bougé depuis la révolution, ainsi que l’introduction de la parité, étaient des intentions louables politiquement. L’affaire est pourtant mal engagée. Et l’histoire qui est entrain de s’écrire, c’est celle des territoires contre Paris.

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