RÉCIT - Comment Copé a été poussé à la démission

  • A
  • A
RÉCIT - Comment Copé a été poussé à la démission
@ SIPA
Partagez sur :

BYGMALION - Après avoir ferraillé pendant deux heures devant ses pairs, le président de l'UMP a fini par jeter l'éponge.

La journée de lundi avait été marquée par les larmes de Jérôme Lavrilleux et un jeu d’attaque et de contre-attaque entre Bygmalion, le clan Copé et les proches de Nicolas Sarkozy. Mais l’UMP n’a pas eu le temps de se remettre de ses émotions. Il a fallu moins de trois heures mardi matin pour que l’ex-parti majoritaire se sépare de sa direction, de son patron Jean-François Copé, et ne plonge dans un nouveau cycle de tourmentes. Le député-maire de Meaux a fini par jeter l'éponge : "J'ai compris, je démissionne", a-t-il lâché, après avoir ferraillé pendant deux heures devant ses pairs, lors d'un bureau national d'une rare violence.

> LIRE AUSSI - L'affaire Bygmalion/UMP résumée en épisodes

>>> Récit d’une matinée où le cours de l'UMP a basculé et où les charges ont été impitoyables, à lire en italique dans le texte.

8h30. Ils sont tous là. Le bureau politique statutaire de l’UMP, qui compte une cinquantaine de membres, dont les anciens Premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, est réuni à huis clos, à l'Assemblée nationale. Les dirigeants de l'UMP commencent à examiner les suites à donner à l'affaire de malversations présumées qui ébranle le parti, avec à la clé l'avenir de Jean-François Copé à la tête de la formation.

9h17. La charge de Fillon. François Fillon, le perdant de la course à la présidence de l’UMP, l’ennemi juré, demande à Jean-François Copé, président de l'UMP, de "se mettre en réserve" du parti "pendant la durée de l'enquête" judiciaire autour de l'affaire Bygmalion et jusqu’à un Congrès qu’il souhaite "réformateur" (lire ici le texte de sa déclaration lors du bureau politique). Faute de quoi, menace-t-il, il se retirera de la direction de l'UMP.

François Fillon : "Nous t'avons écouté avec attention Jean-François, mais comment avoir confiance ?". "Qui est responsable de cet incroyable gâchis, où est la vérité ?"

10h. Le premier geste de Copé. Jean-François Copé accepte la tenue d'un congrès anticipé de l'UMP en octobre 2014. Il affirme aussi qu'il renoncera à briguer à cette occasion un nouveau mandat de président du parti. Une manière d’éviter une démission pure et simple.

10h42. Les ténors se relaient. Plusieurs responsables comme Xavier Bertrand, NKM ou François Baroin viennent alors en renfort pour soutenir François Fillon et mettre un peu plus la pression sur Jean-François Copé pour qu'il lâche son poste. 

Nathalie Kosciusko-Morizet : "Ton comportement est clanique !", "tu as servi tes amis, ça se retourne contre toi!"

François Baroin : "Nous ne nous serrons plus la main"

10h57. L’heure de la démission. Jean-François Copé annonce sa démission de la présidence de l'UMP, qui sera effective à compter du 15 juin. En réalité, il s’agit d’une démission collective de la direction de l’UMP. La tenue d’un congrès en octobre est confirmée.

Jean-François Copé : "J'ai compris, je démissionne. Donnez-moi quinze jours pour régler les affaires courantes".

11h05. La relève. Les trois anciens premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon assureront la direction collégiale de l'UMP jusqu'à un congrès extraordinaire à l'automne, annonce l'ancien président du Sénat, Gérard Larcher.

sujet

L'ESSENTIEL - Fillon, Juppé et Raffarin pour remplacer Copé

ZOOM - Comptes de campagne de Sarkozy, cette enquête qui a manqué de moyens

RETOUR SUR - L'affaire Bygmalion : une tragédie politique en six actes

VIDEO - Les aveux de Jérôme Lavrilleux