Ravitailleurs : une affaire politique ?

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Ravitailleurs : une affaire politique ?
@ REUTERS
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Le gouvernement américain est accusé de fausser la concurrence. Nicolas Sarkozy a vivement réagi vendredi.

Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi la manière dont a été géré l'appel d'offres sur des avions ravitailleurs de l'armée américaine. "J'avoue que je n'ai pas apprécié cette décision", a-t-il déclaré d'une conférence de presse pendant une brève visite à Londres.

"C'est pas des méthodes. Ce sont des méthodes qui ne sont pas bonnes pour les partenaires des Etats-Unis et pour les Etats-Unis, une grande nation avec laquelle nous sommes proches et amis", a-t-il déclaré. Il rejoint ainsi le concert des reproches adressés à l'administration Obama.

Après Pierre Lellouche, François Fillon avait également accusé mercredi le gouvernement américain de "manquement grave" aux règles de la concurrence après le retrait de l'avionneur européen EADS de l'appel d'offres pour la fourniture d'avions ravitailleurs au Pentagone.

Un retrait forcé

Airbus, filiale d'EADS, a été contraint de renoncer à participer à un appel d'offres pour un énorme contrat d'avions ravitailleurs pour l'armée de l'air américaine après le retrait lundi de son allié américain Northrop Grumman. Ce retrait laisse l'américain Boeing seul en course pour ce contrat.

Evoquant la nécessaire "ouverture réciproque" des marchés des grandes économies, François Fillon a déclaré qu'il y avait "tous les jours des exemples qui nous montrent qu'un certain nombre de grands pays, de grandes puissances industrielles, ne respectent pas cet équilibre".

"Nous en avons un sous les yeux cette semaine avec les conditions dans lesquelles le gouvernement américain a - je le dis - obligé EADS à quitter la compétition pour les ravitailleurs de l'armée américaine", a-t-il insisté.

Sarkozy et Obama en parleront

Le porte-parole du gouvernement français Luc Chatel avait indiqué mercredi que Nicolas Sarkozy aurait "l'occasion d'évoquer cette question avec le président Obama lors de son séjour prochain aux Etats-Unis" à la fin du mois.

Il est "légitime" que l'Europe demande des explications aux Etats-, a estimé jeudi le président exécutif Louis Gallois d’EADS, tout en jugeant "improbable" un retour de son groupe dans la course. Mais "est-ce que ca peut faire changer les Américains de comportement, je n'en sais rien. On verra mais je le souhaite évidemment", a-t-il ajouté.