Rama Yade "incomprise" sur l’affaire Jean Sarkozy

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Rama Yade "incomprise" sur l’affaire Jean Sarkozy
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La secrétaire d’Etat aux Sports accuse la presse d'avoir "instrumentalisé" son interview sur TV5 .

Au départ, c’est une simple interview de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux sports, dans l’émission L’invité, diffusée sur TV5 Monde, mercredi.

Avant de la questionner sur l’actualité sportive, le journaliste choisit d’interroger Rama Yade sur un certain nombre de sujets d’actualité. Est notamment évoquée la polémique autour de la probable arrivée de Jean Sarkozy, 23 ans, à la tête de l’établissement chargé de l’aménagement du quartier de La Défense, puis celle liée aux écrits de Frédéric Mitterrand.

Regardez l’intégralité de l’interview (et retrouvez également un script de celle-ci à la fin de cet article) :

L’Agence France Presse, qui diffuse des dépêches auprès des rédactions françaises, relaie mercredi, un peu après 16 heures, cette prise de position qui peut paraître iconoclaste (voir la dépêche, titrée Rama Yade : gare à une "coupure entre les élites et les petits") : la secrétaire d’Etat aux Sports s’éloigne de l’argumentation déroulée par les autres membres du gouvernement sur l’affaire. Plusieurs ministres ont en effet défendu Jean Sarkozy en affirmant que celui-ci est "un élu" et qu’il faut prendre gare à ne pas mener à son endroit une chasse à l’homme.

D’après les informations obtenues par Europe 1 jeudi dans la journée, soit après la diffusion de la dépêche en question, Rama Yade "ne regrette rien" et "assume sa singularité au sein du gouvernement".

Vendredi matin, pourtant, Rama Yade choisit de diffuser un communiqué (voir au format PDF) extrêmement vindicatif à l’endroit des journalistes de l’AFP. La secrétaire d’Etat, qui ne reprend toujours pas à son compte l’argumentaire "type" déroulé par les ministres sur l’affaire Jean Sarkozy, y accuse l’agence d’avoir utilisé ses propos de manière "extrêmement abusive".

"Le texte de l’AFP, qui a visiblement servi d’inspiration à l’ensemble des commentateurs pour résumer mon propos, était abusif. Manifestement destinée à entretenir la polémique, il traduit une instrumentalisation pure et simple", écrit encore Rama Yade. Selon elle, "le titre choisi par l’AFP laisse penser que ces propos concernaient la polémique sur l’Epad [et Jean Sarkozy, NDLR], alors qu’ils portaient uniquement sur l’affaire Polanski".

Rama Yade a-t-elle été rappelée à l’ordre ? L’Elysée et Matignon ont démenti. "Si on l’appelle pour l’engueuler, elle va le dire et en faire son beurre", lâche un haut responsable de la majorité interrogé par Europe 1. "On ne s’occupe pas d’elle", confirme un proche de Nicolas Sarkozy.

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Voici le script de l’interview de Rama Yade sur TV5 Monde :

"Quant à cette affaire Jean Sarkozy, ce n’est pas encore fait. Je rappelle que ce n’est pas encore fait. L’élection a lieu le 4 décembre. Ce sont les élus des Hauts-de-Seine qui portent la responsabilité de l’élire ou pas.

Ils voteront en leur âme et conscience. Ce sont eux qui devront rendre des comptes devant leurs électeurs. C’est à eux de prendre leur responsabilité devant cette situation."

>> Question : Vous pensez qu’il peut y avoir des conséquences défavorables devant les électeurs ?

"On ne peut pas ignorer que, au fond, une série de faits d’actualité ou de politique produisent sur l’opinion publique. L’affaire Polanski, puis, ensuite, la polémique déclenchée sur les écrits de Frédéric Mitterrand, interpellent, quelque part, dans l’opinion publique. Je pense qu’il faut que nous soyons attentifs, à cette opinion. Il ne faut pas donner le sentiment qu’il y a une coupure entre des élites, qui se protègeraient, pour lesquelles il y a une justice des puissants, et puis des petits, pour lesquels la justice est sévère. Cela risquerait de remettre en selle le Front national, et ca n’a pas tardé, ca n’a pas manqué, puisque c’est par le Front national que l’affaire a éclaté.

Nous n’aurions pas intérêt à laisser le Front national profiter de ce contexte là pour se remettre en selle et vouloir incarner la majorité silencieuse. Nous ne devons donc pas ignorer l’émotion que ce type d’affaire peut créer dans l’opinion publique et y apporter des réponses. Je suis heureuse que Frédéric Mitterrand ait pu le faire, plutôt soulagée qu’il ait pu condamner très clairement le tourisme sexuel, que nous combattons. J’étais en Thaïlande quand j’étais secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, pour me préoccuper du sort des prostituées, jeunes ou moins jeunes, et puis qu’il ait condamné la pédophilie."

>> Question : "Vous diriez à Jean Sarkozy qu’il vaut mieux qu’il ne se présente pas ?"

"Je n’ai aucune leçon à donner à Jean Sarkozy, c’est un grand jeune homme, il assumera ses responsabilités."