Qui pour succéder à Borloo à la tête de l'UDI ?

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Qui pour succéder à Borloo à la tête de l'UDI ?
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ÉLECTION - Quatre candidats sont en lice pour prendre la tête du mouvement centriste, orphelin de son leader.

L'INFO. Il n'y a pas qu'à l'UMP qu'on se cherche un président. L'Union des Démocrates et Indépendants, créée en septembre 2012, est en effet orpheline de son fondateur, Jean-Louis Borloo, en retrait pour raison médicale. Les quelque 27.355 adhérents à jour de cotisation de l’UDI sont donc appelés - entre le 8 et le 14 octobre pour le premier tour et entre le 30 octobre et le 5 novembre pour le second -, à trancher entre quatre personnalités. Europe1.fr vous les présente.

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Hervé Morin, le chevronné

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Il a incontestablement le CV le plus fourni de la bande des quatre, et la plus grande aura médiatique. Ministre de la défense de Nicolas Sarkozy, Hervé Morin, 53 ans, a d'ores et déjà reçus des soutiens de poids : Rama Yade, ancienne secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme, Pierre Méhaignerie, ancien ministre de la Justice, Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste, Maurice Leroy, porte-parole de l'UDI ou encore de Louis Giscard d'Estaing, fils de l'ancien président.

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Le président du Nouveau Centre a un autre atout dans sa manche. Après un tour de piste raté en 2012, il n'envisage plus de se représenter à la présidentielle de 2017. Pour lui, le futur président de l’UDI doit "s’interdire toute aventure personnelle avec une obsession présidentielle". Sinon "l’UDI est morte"  et "c’est peut-être parce que j’ai déjà été candidat que je peux me permettre de le dire", assure-t-il. Un discours qui sonne bien aux oreilles des électeurs car son objectif affiché est de faire du mouvement "la pierre angulaire" d'une nouvelle majorité. Lui veut s'adresser "aux Fillon, Juppé, Bayrou, aux centristes de l’UMP, aux déçus de la gauche". "A nous de travailler sur le fond et de trouver, ensuite, celui qui sera le meilleur candidat pour la France".

Yves Jego, l'héritier

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© Reuters

Il a longtemps fait figure de favori, adoubé par Jean-Louis Borloo. Président intérimaire du mouvement depuis le retrait de l'ancien ministre de l'Ecologie, Yves Jego, 53 ans, qui se présente en tandem avec la sénatrice Chantal Jouanno, avait d'ailleurs assuré dans sa profession de foi que son objectif était de préparer le terrain pour un éventuel retour de Borloo, "défricheur d'avenir et rassembleur bienveillant". Sauf que cela n'a pas plu au patron, qui ne veut, pour l'heure, pas entendre parler de 2017. Et Yves Jego a dû rétropédaler.

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer de Nicolas Sarkozy, issu du RPR, soucieux d'effacer une image de centriste égaré, a martelé pendant toute la campagne  son envie d'indépendance par rapport à l'UMP, quand Nicolas Sarkozy prône la fusion de la droite et du centre. Un créneau partagé par tous ses concurrents. Mais Yves Jégo, qui sait que la présence de Chantal Jouanno à ses côtés  "droitise" sa candidature, se doit de donner des gages aux électeurs centristes, qui ne veulent pas entendre parler de Nicolas Sarkozy.

Jean-Christophe Fromantin, le trublion

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Sur le papier, il n'a aucune chance de gagner. Une situation qu'il a déjà connu. Lors des municipales de 2008, il avait défié David Martinon, le porte-parole de Nicolas Sarkozy, à Neuilly, ville dont le chef de l'Etat a été maire de 1983 à 2001. Sauf qu'il avait gagné. Et il entend bien rééditer l'exploit. Ce catholique de 52 ans, opposé au mariage pour tous, issu du monde de l'entreprise, veut ancrer l'UDI à droite, "une droite libérale, pro-européenne, décentralisatrice, avec moins d’Etat". Bien loin, donc, de ceux qui plaident pour un rapprochement avec le MoDem de François Bayrou.

Son "indépendance", Jean-Christophe Fromantin en fait un atout face à ceux qu'ils considèrent être des hommes d'appareil qui veulent surtout "être ministre en 2017". "Moi, je ne suis pas dans ce genre de débats", a-t-il glissé dans le JDD. Lui rêve de faire entrer des personnalités issues de la société civile au sein des instances dirigeantes de l'UDI. Signe de sa détermination, il a sollicité la Commission Nationale d’Arbitrage et de Transparence afin de reporter de deux semaines le processus électoral. En cause, selon lui, "des dysfonctionnements de nature à altérer sérieusement la sincérité du scrutin". Un "indépendant" qui ne se laissera pas faire sans broncher.

Jean-Christophe Lagarde, l'ambitieux

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Le député-maire de Drancy, fâché avec Hervé Morin en 2012, a pris ses cliques et ses claques et quitté le Nouveau Centre pour fonder la Force européenne démocrate (FED), une des entités de l’UDI. Son objectif : renforcer l’appareil politique militant, qu'il juge défaillant. "Nous n’avons pas la machine électorale que l’UMP a eue. Nous partons avec les meilleures idées et, au final, on se fait battre car nous n’avons pas d’appareil militant", estime-t-il. Car Jean-Christophe Lagarde a de l'ambition. Lui ne se contente pas de réclamer un candidat centriste pour 2017. Il veut tout faire pour être au second tour. Et pour cela, cet ancien de l'UDF refuse de jouer les "strapontins" ou les "porteurs de valise" de l'UMP.

Dans cette bataille interne pour la gouvernance du centre droit, Jean-Christophe Lagarde, 47 ans, revendique l’existence d’une famille centriste «"conquérante avec l’ambition de devenir le premier parti de France et le moteur de l’alternance sans être à la remorque du pouvoir. Le centre n’est pas un milieu, pas une synthèse, un entre-deux ou un non choix". Pas question, donc, d’accepter l’OPA de l’UMP. "Je respecte Nicolas Sarkozy mais n’ayant été ni son affidé, ni son ministre, je me sens donc totalement libre". Ou comment se différencier d'Yves Jego et Hervé Morin.

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