Qui a dit "Je me sens l'héritier de Jaurès" ?

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Qui a dit "Je me sens l'héritier de Jaurès" ?
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DEVINETTES - Du PS à l'UMP en passant par le FN, tous les politiques se disputent l'héritage de Jean-Jaurès.

Les hommages politiques de tout bord ne manqueront pas, jeudi, pour le centenaire de la mort de Jean Jaurès. Tous les partis politiques se disputent aujourd'hui l'héritage du leader socialiste, séduits par son image de héros républicain.

Convoqué et invoqué par tous ou presque, du PS à l'UMP en passant par le FN, le fondateur de l'Humanité aurait de quoi se retourner dans sa tombe, selon Jean-Luc Mélenchon. "Jaurès, ils n'ont plus que ce nom à la bouche !", moque le leader du Front de gauche dans une tribune au vitriol publiée dimanche dans le JDD. "Taisez-vous et laissez parler Jaurès", s'emporte mercredi le numéro un du PCF Pierre Laurent dans une longue déclaration à l'adresse des "libres interprètes contemporains de gauche ou de droite, voire d'extrême droite, qui cherchent à l'enrôler, pour ne pas dire à l'usurper".

Mais qui a dit quoi sur Jean Jaurès ? Europe1.fr vous propose de deviner…

>>> Qui a dit "Jaurès aurait voté le Pacte de responsabilité" ?

Réponse : Manuel Valls. En ce 25 juin, alors qu'il inaugure l'exposition "Jaurès contemporain 1914 - 2014", Manuel Valls fait une infidélité à son modèle Georges Clemenceau. "S'il avait été un député socialiste, Jean-Jaurès aurait-il voté le Pacte de responsabilité", lui demande un journaliste de France 2. "Sans doute, au nom même de la responsabilité. Il aurait été aux côtés de ceux qui veulent gouverner et qui veulent que la gauche gouverne dans la durée, répond, souriant, le Premier ministre.









Une réponse que Jean-Luc Mélenchon a encore du mal à digérer. "Manuel Valls voulait l'enrôler pour ses sordides cadeaux au Medef. Jaurès aurait 'sans doute' voté le pacte de responsabilité, a-t-il osé", écrit Jean-Luc Mélenchon dans Le Journal du Dimanche. "Faire parler les morts pour endormir les vivants. L'arnaque!", peste-t-il.

>>> Qui a dit "Je me sens l’héritier de Jaurès" ?

Réponse : Nicolas Sarkozy. Lors de sa campagne présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy invoque à de multiples reprises Jean Jaurès pour fustiger la gauche. On se souvient d'un meeting à Toulouse, le 12 avril 2007. Une heure de discours et 27 références au député de Carmaux. "La gauche d'aujourd'hui n'a plus grande chose à voir avec la gauche de Jaurès, lance-t-il à la tribune (…) Pour Jaurès, le travail était une valeur. La gauche d'aujourd'hui n'aime pas le travail. La preuve, c'est qu'elle empêche ceux qui veulent travailler plus pour gagner davantage de pouvoir le faire", lance le candidat de l'UMP. C'est au cours du même discours que Nicolas Sarkozy lancera une phrase devenue célèbre et qui a beaucoup hérissé à gauche :"Je me sens l’héritier de Jaurès. Salut, Monsieur Hollande", a-t-il insisté, moquant le premier secrétaire du PS qui l’avait accusé de "captation d’héritage".

>>> Qui a dit "Jaurès aurait voté Front national" ?

Réponse : Louis Aliot. "Je pense qu’aujourd’hui Jean Jaurès aurait voté FN comme toute une série de patriotes de gauche", avait affirmé le vice-président du FN Louis Aliot sur Europe 1, lors des élections européennes de 2009. Depuis, le Front national convoque régulièrement le tribun socialiste. Tout juste élu maire d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois a fait déplacer le buste de Jean Jaurès qui trônait dans le hall de la mairie à son bureau. Tout un symbole, alors même que l'assassin du député socialiste de Carmaux se revendiquait du nationalisme.

>>> Qui a dit "Jaurès n'était pas un rêveur, il était un optimisme" ?

Réponse : François Hollande. Ce 23 avril, le président se rend à Carmaux, sur les terres de Jaurès, avec le souhait de renouer avec les Français. La visite du président tourne au calvaire, François Hollande est, pour la première fois, franchement chahuté. "Jaurès, il parlait pas comme vous !", lui lance une habitante. Un peu plus tard,  lors d'un discours loin de la foule, François Hollande invoque l"optimisme" de Jean Jaurès. Comme pour mieux défendre son début de quinquennat et inciter les Français à croire en sa politique. "Jaurès n'était pas un rêveur, c'était un optimiste. On se moque toujours des optimistes, on pense qu'ils imaginent la réalité à leur manière. L'optimisme selon Jaurès, c'était le courage. Et le courage, c'est de supporter sans fléchir les épreuves".