Quelle sécurité pour les candidats ?

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Quelle sécurité pour les candidats ?
L'enfarinage de François Hollande mercredi pose la question de la protection des candidats à la présidentielle.@ MAX PPP
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L’agression de François Hollande pose la question de la protection des candidats à la présidentielle.

Et si l’agresseuse de François Hollande lui avait jeté de l’acide au visage, et non de la farine ? C’est la question que se pose jeudi un policier dans Le Parisien, au lendemain de l’enfarinage du candidat socialiste lors d’une intervention au forum de la Fondation Abbé Pierre sur le logement. Une agression à la farine certes sans conséquence, mais qui pose tout de même la question de la sécurité des candidats à l’élection présidentielle.

"Cet incident doit être pris comme une alerte sérieuse", estime ainsi dans Le Parisien Nacer Meddah, secrétaire général de la campagne de François Hollande et ancien préfet. D’après un membre du Service de protection des hautes personnalités, le SPHP, "ce qui s’est passé est anormal". "Sur une estrade, un candidat doit être à l’abri d’une attaque comme celle-là. Sur les images, on voit que l’escorte est trop loin et mal placée, d’où une réaction ferme mais tardive", analyse le policier. "Nous sommes en train de débriefer ce qui s'est passé hier", s'est contenté de commenter Gilles Furigo, patron du SPHP.

La réaction du service de protection de Hollande :

Protection renforcé autour de Hollande

Jusqu’ici, la sécurité du candidat était assurée par deux policiers du SPHP, rapporte Le Nouvel Obs. Chaque candidat qui en fait la demande peut en effet bénéficier d’une protection de ce service. Coïncidence : la sécurité autour du candidat a justement été renforcée mercredi, une "montée en puissance" prévue bien avant l’agression à la farine.

"On ne peut pas mettre le candidat sous cloche" :

A compter de jeudi, douze policiers supplémentaires viennent donc renforcer le dispositif. Des hommes et une femme du SPHP, sélectionnés par Daniel Vaillant, ex-ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin selon des critères bien précis : "professionnalisme", "discrétion", mais aussi non-appartenance à un syndicat proche de l’UMP, rapporte Le Monde. La nouvelle équipe fonctionnera par roulement et il y aura en permanence trois policiers auprès de François Hollande. Une tâche "très difficile", rappelle Gilles Furigo, puisque les policiers du SPHP ne peuvent pas "mettre le candidat sous cloche" : ils doivent l'accompagner, le préserver des agressions tout en étant "le plus discrets possible".

Eva Joly menacée aussi

Le candidat, lui, relativise et parle des "risques du métier". "Il y aura toujours une personne un peu plus dérangée qu’une autre, il vaut mieux la mettre de côté", a déclaré François Hollande peu après son enfarinage. Début janvier, déjà, il avait reçu des menaces lors d’une visite à Bordeaux. Un homme, arrêté depuis, avait téléphoné au 17, affirmant qu’il y aurait "quelqu’un pour l’abattre à la salle de Mérignac pour son meeting".

Le candidat socialiste n’est pas le seul à être menacé : la candidate écologiste Eva Joly a récemment reçu un courrier de menace de mort contenant une balle de revolver. "Ce sont les aléas désagréables d’une campagne", a relativisé son entourage. La candidate a tout de même fait une demande auprès de SPHP et bénéficie de deux gardes du corps depuis une dizaine de jours. D’autres n’ont pas fait ce choix, rapporte Le Nouvel Obs. Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, préfère ainsi pour l’instant utiliser son propre service d’ordre, un moyen pour lui de ne pas dépendre du ministère de l’Intérieur.