Brigitte Macron : quelle "Première dame" va-t-elle être ?

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Brigitte Macron : quelle "Première dame" va-t-elle être ?
@ ERIC FEFERBERG / AFP
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L’élection d’Emmanuel Macron comme président de la République installe sa femme Brigitte dans le fauteuil parfois inconfortable de "Première dame" de France.

Yvonne de Gaulle, Claude Pompidou, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, Danielle Mitterrand, Bernadette Chirac, Cécilia puis Carla Bruni-Sarkozy, Valérie Trierweiler et désormais Brigitte Macron. Celle qui était encore enseignante de lettres il y a deux ans a été propulsée dimanche soir  "Première dame" de France après la victoire de son époux Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Très impliquée dans la campagne du leader d’En Marche!, Brigitte Macron, 64 ans, ne compte pas faire de la figuration à l’Élysée.

  • Un véritable statut de "Première dame"

Emmanuel Macron souhaite définir, "dans les premières semaines", un statut de la "Première dame", à l’image de la First Lady américaine. Sur TF1, le 27 avril, le candidat d’En Marche! assurait vouloir donner un "rôle public" à sa femme. "Lorsqu'on est élu président de la République, on vit avec quelqu'un, on donne ses jours et ses nuits, on donne sa vie publique et sa vie privée. Et donc il faut que la personne qui vive avec vous puisse avoir un rôle, qu'elle soit reconnue dans ce rôle", avait-il expliqué avant de préciser que Brigitte Macron "ne sera pas rémunérée par le contribuable".

La nouvelle résidente de l’Élysée pourrait donc faire entendre sa voix, peser dans le débat. "Elle aura ce rôle, cette place, cette exigence, pas dissimulée, pas derrière un tweet ou une cachette", avait déclaré Emmanuel Macron le 8 mars dernier, à l'occasion d'un meeting. Une allusion à peine voilée au fameux tweet de Valérie Trierweiler qui avait mis François Hollande dans l’embarras en juin 2012.

  • Son combat : l’éducation

Paris Match, qui a consacré cinq unes au couple Macron en un an, assure que l'ancienne professeure souhaite s'impliquer dans des domaines qui lui sont chers, comme l'éducation. "Si Emmanuel Macron était élu, elle s'impliquerait dans l'univers féminin et social, l'éducation, le handicap, la culture : son monde. Celui qu'elle a le mieux connu tout au long de la campagne où elle a fait d'émouvantes rencontres, utiles mais pas futiles", assurait le magazine le 27 avril. Pendant plusieurs mois, Brigitte Macron a profité des déplacements d’Emmanuel Macron pour rencontrer des associations de femmes, visiter un foyer pour jeunes autistes ou faire un tour sur le campus des métiers de Bobigny.

Brigitte Macron s’est forgée une expérience. "J'ai découvert la souffrance des autres. Les gens se disent que je vais peut-être pouvoir faire quelque chose pour eux, alors ils me parlent assez librement", confessait-t-elle au JDD le 30 avril. "C'est assez terrifiant de voir comme ils se sentent abandonnés. Ils n'attendent pas forcément de l'argent, ils attendent d'être écoutés, pris en considération, respectés." "C'est anormal de laisser une frange de la population sans espoir", confiait-elle à Paris Match en novembre. "Comme enseignante, je connais bien les jeunes, il est essentiel de les considérer. Mon combat sera sur l'éducation, afin de leur offrir autre chose que la cage d'escalier. Si on les abandonne au bord du chemin, ça explosera".

Proximité avec les artistes. L’éducation et le parcours littéraire de la nouvelle "Première dame" devrait également conduire Emmanuel Macron à entretenir des relations étroites avec le monde de la culture. A l'initiative de Brigitte Macron, le couple dîne régulièrement aussi avec de nombreux artistes. Une accointance apparue au grand jour lors de la fête controversée à La Rotonde le soir du premier tour de l’élection, où étaient présents, entre autres, François Berléand, Pierre Arditi, Stéphane Bern…

  • Protéger son couple

Brigitte Macron s’assurera également que son époux garde les pieds sur terre durant son mandat. Moqueuse, elle n’hésitait pas, en privé, à le comparer à Jeanne d’Arc pendant la campagne. Pendant de longs mois, elle s’est échinée à le calmer. Invité de l’émission .pol du Lab d’Europe 1 le 27 avril, Christophe Castaner, porte-parole d'Emmanuel Macron, disait à son propos : "Elle fait partie des éléments de stabilité d'Emmanuel Macron candidat, je ne doute pas qu'elle fasse partie de cette stabilité quand il sera président".

Une "Première dame" discrète ? Pas question pour autant de se donner en spectacle. Brigitte Macron "n'aime pas les projecteurs", assure François Patriat, sénateur ex-PS et macroniste de la première heure. La nouvelle "Première dame" aurait d’ailleurs appelé Carla Bruni-Sarkozy, prédécesseure plutôt discrète, pour lui demander des conseils sur la gestion de son image. Selon Philippe Besson, écrivain et ami de la native d’Amiens, expliquait il y a peu au Monde que la perspective de devenir "Première dame" effraie un peu Brigitte Macron : "Elle sait que peu d’épouses de président ont été heureuses et que les couples survivent rarement à l’Elysée. Elle a conquis son bonheur et s’inquiète de tout ce qui pourrait le remettre en cause".

Surtout, l’ancienne enseignante cherche à tout prix à couver son mari, de 24 ans son cadet. Dans Match, elle décrivait la politique comme un monde "impitoyable", l'obligeant à "faire le maximum pour protéger" son époux... La pluie de critiques qui s’est abattue sur François Hollande ces cinq dernières années doit sans doute renforcer son sentiment à l’heure de monter les marches du perron de l’Élysée.