Quand le PS confond la primaire de la gauche avec un Congrès

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Le bal des ambitieux à la primaire de la gauche suscite des vocations inattendues. Avec la possibilité d'une nouvelle candidature, celle de Vincent Peillon. 

L'ÉDITO POLITIQUE

Depuis mercredi, une nouvelle candidature est évoquée pour la primaire de la gauche, celle de l'ancien ministre de l'Education, Vincent Peillon. En avril dernier, il avait pourtant annoncé son intention de tourner la page. "Je ne briguerai plus de mandat électif, j’ai fait 22 ans de Congrès. Ça n’est plus mon envie ni mon agenda", avait-il déclaré en avril dernier à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Aurora. Une promesse vite oubliée.

Peillon, un candidat anti-Valls de plus. Depuis cette publication, Vincent Peillon s’est fait oublier. Et puis surprise, ses amis nous annoncent sa candidature à la présidentielle. "Il a un projet pour la France", nous confie une de ses proches. Un projet bouclé en seulement quelques jours. Avec un axe d'attaque déjà connu : "Tout sauf Valls". Un candidat de plus pour attaquer l'ancien Premier ministre. On est forcé de se dire que le Parti socialiste n’est pas mort, les vieilles tambouilles sont encore là.

La tambouille socialiste reprend. Dans cette guerre qui fait déjà rage au PS, il y a plusieurs luttes : la vengeance des hollandais qui estiment que Manuel Valls a trahi le Président, celle plus personnelle d’Anne Hidalgo ou de Martine Aubry qui jugent que le même Valls a trahi la gauche. Hidalgo, Aubry et les autres ne soutiennent pas Vincent Peillon parce qu’i ferait un bon président mais ils le poussent juste pour empêcher Manuel Valls de s’imposer. On se croirait dans un Congrès socialiste version peplum… On se croirait en 2008 quand il fallait abattre Ségolène Royal par tous les moyens.

Valls-la-primaire-de-la-gauche-ne-doit-pas-etre-un-congres-du-PS

Après Hollande, Valls est la prochaine cible. Est-ce qu'on va avoir droit à une primaire de la gauche violente ? Est-ce que la gauche va vouloir régler ses comptes ? C’est malheureusement le risque pour elle. En étant au pouvoir, le candidat naturel était François Hollande, élu avec le soutien de Martine Aubry, d’Arnaud Montebourg, de Benoît Hamon et l’appui de Manuel Valls. Ce sont ces derniers qui ont imposé la primaire pour empêcher Hollande de se représenter. L’empêchement, c’est la raison d’être de cette primaire. François Hollande en a fait les frais. C’est maintenant au tour de Manuel Valls. On est en train d’assister à un Congrès du PS. Parce que tous ont déjà intégré la défaite. Ces virtuoses du billard à cinq bandes ne jouent pas la présidentielle mais pensent déjà au coup d’après. Ils se placent pour savoir qui sera le mieux placé, le plus légitime pour ramasser les morceaux d’une gauche explosée.