Quand l’UMP traite Placé de "Coréen national"

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Quand l’UMP traite Placé de "Coréen national"
Jean-Vincent Placé a vivement réagi aux propos d'Alain Marleix.@ REUTERS
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Jean-Vincent Placé, l’un des ténors écologistes, se dit "choqué" par les propos de Marleix.

Pour Europe Écologie - Les Verts, c’est la petite phrase de trop. En qualifiant samedi Jean-Vincent Placé  de "Coréen national", l’UMP Alain Marleix s’est attiré les foudres des écologistes.

"Depuis 2 ou 3 jours, on voit des listes de gauche dissidentes : Daniel Raoult dans le Maine-et-Loire, en Moselle, en Meurthe-et-Moselle, dans le Pas-de-Calais, avec la liste du sénateur Sergent. Aussi dans l’Essonne, où notre Coréen national, Jean-Vincent Placé, va avoir chaud aux plumes !", a déclaré le responsable UMP chargé des élections sur Publicsenat.fr, alors qu’il commentait les élections sénatoriales du 25 septembre.

Placé dénonce "la lepénisation avancée de l'UMP"

Jean-Vincent Placé, conseiller politique de Cécile Duflot et tête de liste d'une liste d'union de la gauche pour les sénatoriales en Essonne, s'est dit "choqué".

"Cela démontre une fois de plus la lepénisation avancée de l'UMP après les propos condamnés de monsieur Hortefeux sur ‘l'Auvergnat’, le débat scandaleux sur la bi-nationalité porté par l'extrême droite populaire et les attaques indignes d'un Premier ministre, Monsieur Fillon, à l'encontre d'Eva Joly", a-t-il réagi.

"Demain il dira de Manuel Valls ‘notre Espagnol national’"

"Le propos tenu à mon sujet est particulièrement choquant. (…) Non que le fait d'être Coréen ne soit bien évidemment d'une quelconque infamie mais bien tout simplement parce que je suis Français depuis 34 ans et uniquement français", a poursuivi le vice-président EELV du Conseil régional d'Ile-de-France, rappelant avoir été adopté en 1975 par une famille normande et naturalisé 2 ans plus tard.

"Pour monsieur Marleix, manifestement, seul le sang donne le droit d'être français. C'est une honte qu'un élu de la République puisse tenir de tels propos", estime-t-il, concluant : "aujourd'hui il s'agit de moi, demain il dira de Manuel Valls ‘notre Espagnol national’ ou de Rachida Dati ‘notre Marocaine nationale’ ou de Rama Yade ‘notre Sénégalaise nationale’".

Copé récuse, l'opposition s'indigne

Le secrétaire national de l'UMP, Jean-François Copé, a "récusé" samedi, sur son compte twitter, les propos "maladroits" d'Alain Marleix. "Les propos d'Alain Marleix sur Jean-Vincent Placé sont maladroits. Je les regrette, je les récuse", peut-on lire sur son compte twitter. Une réaction insuffisante aux yeux du député Europe Ecologie-Les Verts Noël Mamère , qui a demandé à l'UMP de les "condamner" et en se réservant "le droit de poursuivre en justice".

Même son de cloche du côté du PS, où le socialiste Christophe Borgel a déploré que "depuis un an et le fameux discours de Grenoble, il ne se passe pas une semaine sans que les mauvais jeux de mots succèdent aux propositions indignes faisant souffler sur notre République un parfum de rejet de l'autre".