Quand François Mitterrand, amoureux, écrivait à Anne Pingeot...

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Quand François Mitterrand, amoureux, écrivait à Anne Pingeot...
@ AFP
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Plus d'un millier de lettres entre l'ancien président et sa maîtresse vont être publiées sous forme de recueil la semaine prochaine. On y découvre une autre facette de l'homme politique.

On l'a toujours dit machiavélique, cynique et froid. C'est un autre pan de la personnalité de François Mitterrand que donne à voir sa correspondance avec sa maîtresse, Anne Pingeot, mère de sa fille cachée, Mazarine. De 1962 à 1995, l'ancien président a écrit plus de 1.200 lettres à sa bien-aimée. Elles paraîtront sous la forme d'un recueil la semaine prochaine, mais des extraits ont d'ores et déjà été publiés dans la presse.

Enflammé. On y découvre un François Mitterrand enflammé, vibrant, sans retenue aucune, parsemant ses missives de "je t'aime". Son amour pour Anne Pingeot, surnommé son "Animour", celui qui a gouverné la France pendant 14 ans l'écrit, le crie, comme n'importe quel amoureux -mais un amoureux qui aurait une plume. "Je pense à vous si tendrement qu'il n'est pas possible qu'en cet instant, votre cœur ne le sache pas", clame-t-il ainsi. "C'est une vague de fond, mon amour, elle nous emporte [...] Je t'aimerais jusqu'à la fin de moi." "Bien sûr, c'est le côté romanesque du personnage qui va être mis en valeur", prévient Philipp Short, journaliste et auteur d'une biographie de François Mitterrand. Selon lui, Anne Pingeot a décidé de publier ces lettres car "elle a été outrée par tous les ragots qui ont été rapportés à son sujet".

Soutien politique. En 33 ans de correspondances clandestines, on comprend aussi qu'Anne Pingeot a été un soutien inconditionnel et indispensable pour l'homme politique. "Je ne suis plus seul au milieu de ma course. Avec vous, j'échange, je communique, je communie", écrit François Mitterrand. Le jour même de sa candidature à la présidentielle de 1965, il lui dit : "sais-tu que c'est merveilleusement utile qu'il y ait l'amour ?" Utile pour se réfugier parfois, comme en 1984, lorsque depuis l'Élysée, il doit faire face à la révolte de la rue contre la loi Savary. "La politique colle à mes pas, tous les problèmes de la France me cernent."