PSG : Valls pris pour cible

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PSG : Valls pris pour cible
@ Capture BFM TV
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POLÉMIQUE - 2 syndicats de police mettent en cause le dispositif de sécurité. L'opposition charge Valls.

Le contexte. Affrontements entre ultras et CRS, autocar pillé au pied de la tour Eiffel, voitures et vitrines vandalisées : de violents incidents ont gâché lundi les cérémonies au Trocadéro pour le troisième titre de champion de France du PSG, provoquant une polémique sur le dispositif de sécurité mis en place. En sa qualité de ministre de l'Intérieur, l'opposition a mis en cause la responsabilité de Manuel Valls, fustigeant son amateurisme et son inertie. Les députés UMP ont d'ailleurs annoncé qu'il demandait la constitution d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur la sécurité des grands événements et manifestations.  

Un évènement sous-estimé ? C'est l'avis des syndicats de police Alliance et Synergie. "Nous avons été débordés" alors que "nous savions tous ce qui aurait pu se passer", a déclaré le secrétaire national du syndicat Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) Fabien Vanhemerlyck. Il y a eu "sous-estimation du risque" et "de la dangerosité" des présumés auteurs des incidents, qui "avaient déjà agi dimanche sur les Champs-Elysées", a renchérit Patrice Ribéiro, secrétaire général de Synergie (second syndicat d'officiers). Ce sont des "casseurs venus de banlieue, on savait qu'ils allaient revenir…" a ajouté le syndicaliste.

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Copé cible le préfet de police. Suite à ces débordements, Jean-François Copé a pour sa part dénoncé "l'amateurisme" du préfet de police de Paris, Bernard Boucault, et a réclamé son départ. Selon le patron de l'UMP, il a "failli à sa mission". "Je ne vois pas comment le préfet de police peut être maintenu dans ses fonctions", a-t-il poursuivi, demandant à Manuel Valls, de "prendre ses responsabilités".

"Une razzia commise en toute impunité". Dans un communiqué diffusé lundi soir, Marine Le Pen a dénoncé "des déferlements de racailles" avant de cibler à son tour la responsabilité de Manuel Valls. "Cette razzia commise en toute impunité était pourtant prévisible. Elle est la conséquence de l'indigence du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, qui aurait dû interdire ce rassemblement, au vu des débordements qui avaient déjà eu lieu la veille", écrit la présidente du FN.

"Deux poids, deux mesures". Plusieurs responsables de l'UMP n'ont pas hésité à dresser un parallèle hasardeux entre les débordements du Trocadéro et les manifestations anti-mariage gay. Dans un communiqué, Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l'UMP, a déploré "l'inadmissible confusion au coeur de la capitale dont le premier responsable est le gouvernement : que faisait concrètement le ministre de l'intérieur ?". "Manuel Valls montre ainsi progressivement son vrai visage : celui d'un ministre partisan, sévère avec les familles lorsqu'elles sont de droite, inerte avec les délinquants protégés par la culture de l'excuse de la gauche", a-t-il affirmé. "Il y a en matière de maintien de l'ordre "deux poids, deux mesures", a renchéri sur son compte Twitter Bruno Beschizza, le secrétaire national de l'UMP, spécialiste des questions de sécurité. "Quand des familles et des enfants se réunissent pacifiquement pour manifester contre la loi Taubira, le gouvernement déploie toutes les forces de l'ordre et n'hésite pas à ordonner l'usage de la force publique et faire mettre systématiquement en garde à vue ... alors que ce soir un désordre violent non canalisé et non réprimé envahit les rues de Paris", peut-on lire dans un communiqué.

 

Ils appellent Valls à démissionner. Claude Goasguen, député-maire UMP du 16e arrondissement de Paris, où ont eu lieu les débordements, a été le plus virulent à l'UMP appelant carrément Manuel Valls à démissionner. "Le rôle d'un ministre de l'Intérieur, c'est de prévoir. Il ne fallait pas être sorcier pour savoir que les choses allaient dégénérer (…)  "Si Monsieur Valls ne se sent pas d'assurer la sécurité dans ce pays, et bien qu'il fasse autre chose !", s'emporte t-il, au micro d'Europe 1. Sur son compte Twitter, Nadine Morano a également mis en cause la responsabilité du locataire de la place Beauvau. "Valls n'aurait pas du autoriser la fête sur le Trocadéro s'il n'était pas capable d'assurer la sécurité ! C'est sa responsabilité", a écrit l'ancienne ministre. "Une fois de plus #responsabilité du Ministre de l'Intérieur et du Préfet de Police sont engagées ! Dans un #GVT normal #démissions", ajoute Christine Boutin.