PS : un pacte synonyme de turbulences

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PS : un pacte synonyme de turbulences
@ MAXPPP REUTERS
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L’existence d’un pacte pour les primaires ravive les rivalités au sein du parti.

"Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble. (…) Nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre". En confirmant, mercredi sur France 2, la possibilité d’un pacte entre les principaux candidats socialistes, la secrétaire générale du PS a ravivé les tensions au sein du parti. Et pour cause : une telle alliance remet en cause l’idée même de primaires.

En vertu de ce pacte, le candidat qui a le plus de chances de l’emporter en 2012 verrait alors les deux autres prétendants se retirer des primaires.

Royal dément catégoriquement

La présidente de la région Poitou-Charentes a depuis nié, vendredi sur Europe 1, l’existence d’un tel pacte. "Il n'y a aucun pacte (...) Les primaires ont été promises aux Français, qui doivent pouvoir venir choisir le candidat de la gauche", a-t-elle ajouté.

Et Ségolène Royal d'ajouter : "Personne ne s'interdit d'être candidat, y compris moi", remettant en cause l'intérêt d'un tel pacte. DSK n'a par ailleurs toujours pas dévoilé ses intentions, ce qui rend encore plus hypothétique une telle alliance.

Qu’elle ait passé ou non un accord avec Aubry et DSK, Ségolène Royal est consciente qu’elle n’est pas la favorite, elle n’a donc rien à y gagner. Mais elle a surtout compris l’effet désastreux que pourrait avoir cet "arrangement" au sein de l’électorat de gauche. Elle a donc à nouveau nié l'existence d'un tel pacte samedi.

“Une formule incongrue“

Cet arrangement insupporte aussi tous les autres candidats PS à l’élection présidentielle, qui voient ainsi leur chance réduite. Manuel Valls, lui aussi candidat à la primaire socialiste, n’a ainsi pas manqué de dénoncer "un arrangement interne" et "une formule incongrue au regard de ce qu'est une élection présidentielle".

François Hollande a également dénoncé une telle idée, considérant sur RTL qu’une "élection présidentielle, ce n'est pas un arrangement". Les réactions indignées de Manuel Valls ne relèvent pas du simple affichage politique. Un tel pacte, qui rassemblerait les trois poids lourds du parti, rend en effet la désignation d’un autre candidat quasi impossible.

Les petits candidats n’ont aucune chance

La secrétaire générale tient le parti, mais aussi la puissante fédération du Nord. Candidate socialiste à la dernière élection présidentielle, Ségolène Royal reste la figure la plus médiatique du parti. DSK, malgré son exil au FMI, reste lui le favori des sondages et séduit les électeurs centristes.

Les autres candidats accumulent donc les obstacles : ils ne peuvent ni s’appuyer sur le parti, ni sur les médias, et encore moins revendiquer une forte popularité. C’est pourquoi une telle “troïka“, dixit Manuel Valls, pourrait signifier la fin des primaires, avec un an d’avance. Elle a pour autre inconvénient d’écarter de la course à la présidentielle la nouvelle génération de ténors socialistes.

Un pacte qui brouille l'image du PS

L'embarras créé par ce supposé pacte est tel que Bertrand Delanöe a du sortir de sa réserve pour rappeler chacun à la raison. "Nous sommes à 18 mois de l’élection présidentielle. Il faut que la manière dont nous gérons cette désignation inspire confiance et ne donne pas le sentiment que c’est au niveau de nos nombrils ou de nos miroirs que cela se situe“, a-t-il martelé.

Du côté de l'état-major du parti, on espère que ces turbulences ne sont que temporaires. "Nous devons tous être co-responsables de la préparation réussie de 2012, et non pour étaler des querelles d'ego", a réagi Harlem Désir, le numéro 2 du PS. "Cela ne durera pas", espère un autre cadre de la rue Solférino.