Le frondeur Pouria Amirshahi claque la porte du PS

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Le frondeur Pouria Amirshahi claque la porte du PS
Après près de 30 ans au PS, Pouria Amirshahi quitte le PS. Il ne se représentera pas comme député en 2017.@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Le député socialiste a décidé de quitter sa formation politique. Il en fera de même avec la députation à la fin de son mandat.

Après 28 ans au PS, il tire sa révérence. Depuis 2012, Pouria Amirshahi critiquait sa formation politique et faisait partie des députés frondeurs les plus virulents. Dans un entretien accordé au Monde vendredi, il voit désormais le PS "sans ressort" et "sans idée". L'homme, visiblement écœuré, a même fait savoir qu'il n'allait pas briguer un nouveau mandat de député en 2017. Il souhaite "retourner à la vie professionnelle."

Vive critique des partis. "Je quitte le PS et le monde des partis en général, rhizomes d'un système institutionnel à bout de souffle. Ils sont devenus des machines électorales sans grande conviction, sans promesse d'avenir heureux pour le pays", déclare l'élu des Français de l'étranger, ajoutant que les partis "semblent ne pas pouvoir faire grand-chose quand ils ne sont pas carrément dans le renoncement ou la complicité".

Réforme du droit du travail. L'homme tire également à boulets rouges sur ce qu'il considère comme une série de renoncements depuis 2012. "La France n'est pas gouvernée par l'aile droite du PS, mais par des néoconservateurs, dans tous les domaines, à quelques exceptions près... D'ailleurs, leurs alliés sont désormais issus du bloc réactionnaire : déchéance de nationalité, état d'urgence, surenchère pénale, droit du travail", conclut-il sans préciser si la loi El Khomri a été la goutte d'eau qui l'a poussé à partir.

Engagement. "Il faut poser aujourd'hui les fondements d'un modèle viable et doux. Défendre des causes communes entre citoyens, défendre les biens communs tant négligés, stopper la destruction des espèces vivantes, encourager de nouvelles formes de propriété sociale d'entreprise", dit cet ancien président du syndicat étudiant Unef. "Cela se traduit notamment par la mise en valeur de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui luttent ou mènent des expériences qui fonctionnent : c'est la raison d'être du Mouvement commun que j'ai fondé avec d'autres", qui ne présentera pas de candidats "aux élections", a ajouté le député, pour qui le combat continue loin des institutions.