PS : le casse-tête de la "Haute autorité"

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PS : le casse-tête de la "Haute autorité"
@ Reuters
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L’instance censée surveiller le bon fonctionnement des primaires a du mal à voir le jour.

Martine Aubry doit annoncer mercredi les noms des trois membres qui composeront la "Haute autorité". Cette nouvelle entité au sein du Parti socialiste sera chargée d'entériner les candidatures, de veiller au respect des règles et de proclamer les résultats des primaires socialistes, qui désigneront un candidat pour 2012.

Joxe et Badinter déclinent

Mais il semble que les ambitions aient dû être revues à la baisse. Première pierre d’achoppement : la composition. Pierre Joxe, l’emblématique ancien ministre de l’Intérieur, a en effet décliné l’invitation. "Il n’a jamais cru aux primaires, de toute façon", décrypte une responsable socialiste. Robert Badinter avait lui aussi été convié. Il a lui aussi refusé. Seul l’avocat Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal, a confirmé qu’il en serait.

Au Parti socialiste, on jure pourtant que la notoriété importe peu. "Je ne comprends pas que pour être apprécié dans la légitimité de ce qu’on fait, la façon dont on le fait, il faille absolument être déjà une vedette", peste Marylise Lebranchu, ancienne garde des Sceaux, interrogée sur le sujet.

"Un pouvoir suffisamment dissuasif"

Les mauvaises langues du parti mettent aussi en doute les capacités de cette "Haute autorité" à sanctionner un éventuel écart de conduite. Pour l’instant, l’étendue de ses pouvoirs est en effet assez floue. Mais pour Elisabeth Guigou, l’idée est justement de ne pas avoir à recourir à la sanction. "Elle aura un pouvoir suffisamment dissuasif pour que chaque candidat et candidate aux primaires ait à cœur de respecter les règles que tout le monde se sera donné, que nous nous seront tous donnés à nous-mêmes", veut croire l’ancienne ministre de la Justice.

Le casting que Martine Aubry est censée dévoiler mercredi n’a pas le droit de décevoir. Car Ségolène Royal, par exemple, a maintes fois exigé de fortes garanties de transparence et d’éthique dans le déroulement des primaires. Et de nombreux responsables socialistes gardent toujours en tête le souvenir du cauchemardesque Congrès de Reims.