PS : l'unité ou presque

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PS : l'unité ou presque
Benoit Hamon n'a pas signé la contribution commune Ayrault-Aubry lors du conseil national du PS@ REUTERS/Charles Platiau
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Parmi les hauts cadres socialistes, seul Benoît Hamon n'a pas signé la contribution Ayrault-Aubry.

Pour la photo, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et son ex-rivale pour Matignon, la première secrétaire du PS Martine Aubry, sont arrivés ensemble salle Victor-Hugo à l'Assemblée. S'y tenait le Conseil national du parti, destiné à enregistrer les "contributions", acte 1 de la préparation du congrès de Toulouse des 26 au 28 octobre, lequel décidera des "motions" et de la future équipe dirigeante.

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Le Premier ministre et la maire de Lille ont tenu à afficher leur unité, et tout s'est presque déroulé selon leur souhait. Ils avaient, une semaine plus tôt, encouragé "tous les ministres et dirigeants du PS à signer exclusivement" leur contribution centrale, qui plaide pour un "dialogue permanent entre le parti, l'exécutif et le Parlement".

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"Le Parti socialiste n'est pas un parti godillot"

Et dans leur grande majorité, "ministres et dirigeants" ont écouté leur appel. Seul Benoît Hamon est passé outre, en signant un texte de ses amis de l'aile gauche du PS, particulièrement hostile au traité européen d'équilibre budgétaire, que le Parlement devrait examiner à la rentrée.

Pour le moment, la décision du ministre de l'Economie solidaire ne provoque pas un drame. "J'ai eu une discussion avec lui. Il est membre du gouvernement. Je souhaite qu'au moment où l'on soumettra une motion au vote des militants lors du congrès, nous soyons tous rassemblés pour inscrire dans la durée le travail que la gauche veut faire au service du pays", a prévenu Jean-Marc Ayrault. "Le Parti socialiste n'est pas un parti godillot comme je l'ai lu quelque part. Nous sommes un parti de débat mais sur l'essentiel, où sont nos différences et nos divergences?", s'est-il interrogé.

En résumé : signer une "contribution" différente de celle du patron, ça passe. Mais une "motion", cela  risque de moins bien passer. En langage socialiste, "une contribution" est un texte d’intention qui constitue la première phase de la préparation du congrès. S'il est possible de signer plusieurs contributions, ce ne sera ensuite pas le cas pour les motions, la seconde étape. Ces dernières, représentant en général des courants, seront débattues en congrès. Les motions du congrès définiront le partage des postes au sein de la prochaine direction, ainsi que la ligne politique du PS et son rôle de parti majoritaire.

"Le Premier ministre est dans son rôle"

Le Premier ministre "est dans son rôle", a simplement répondu Benoît Hamon, arrivant un peu plus tard avec des députés de son courant "Un monde d'avance". "On verra", a-t-il répondu à la question d'une éventuelle motion de son courant d'ici le 12 septembre, date du conseil national qui enregistrera les textes soumis au congrès.

"Je n'ai eu que des conversations constructives avec le Premier ministre", a toutefois tempéré Benoît Hamon, répétant que ses amis ne présenteraient pas de candidat au poste de Premier secrétaire. "Nous voulons apporter une contribution utile à François Hollande et la gauche européenne", a poursuivi le ministre de l’Économie solidaire, précisant que le texte de ses amis était signé par 27 parlementaires français et 23 députés "de la gauche du SPD", dont certains se sont opposés en Allemagne à la ratification du traité européen.

Aubry partira "dès les conditions réunies"

Sans surprise, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a quant à lui soutenu l'initiative Matignon/Solferino: "Il est important que les membres du gouvernement et les principaux dirigeants du Parti socialiste se retrouvent ensemble dès le début du congrès". "Ce n'est pas une surprise", a-t-il dit concernant le cavalier seul de son collègue "mais vu les difficultés du pays, les effets de la crise, les attentes des Français, il est très important que chacun se rassemble et Benoît y participera".

Sur l'autre question latente du jour -la future direction du PS- Martine Aubry a répété qu'elle quitterait le poste de premier secrétaire "dès que les conditions seraient réunies", alors que des réflexions contradictoires circulent au PS sur ses intentions. "Je crois qu'un grand pas est fait aujourd'hui. Nous allons continuer jusqu'au 12 septembre pour que le Parti socialiste continue à être à l'écoute des Français, à produire des idées, et les équipes pour demain", a-t-elle ajouté.

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