PS : l’impôt s’invite à La Rochelle

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Au sein de la majorité, des voix s’élèvent pour réclamer une pause dans les hausses d’impôts.

L’INFO. Les mauvaises nouvelles seront bientôt dans les boîtes aux lettres des Français. Le troisième tiers des impôts arrive en effet, avec, pour la première fois, les premières mesures fiscales du gouvernement, notamment le gel du barème décidé par l'ancien Premier ministre François Fillon puis prolongé par son successeur Jean-Marc Ayrault, ainsi que le plafonnement de certaines niches fiscales. Résultat: tout le monde, et pas seulement les plus riches, verra ses impôts augmenter d'au moins 2% cette année, sauf les deux premières tranches. Et le 1er janvier 2014, la TVA passera à 20%. Sans oublier les impôts locaux, susceptibles eux aussi de gonfler. Une situation qui commence à inquiéter au sein de la majorité. Et qui fait les beaux jours de l'UMP, Jean-François Copé promettant dans le Figaro Magazine "une baisse massive des impôts"

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La phrase. "Je suis très sensible à ce ras-le-bol fiscal que je ressens de la part de nos concitoyens, qu'ils soient des ménages, des consommateurs ou qu'ils soient des entreprises. Et ça, nous l'écoutons", a affirmé le ministre de l'Economie, mercredi, sur France Inter. Une phrase qui, depuis, a suscité beaucoup de remous et de commentaires, à gauche comme à droite. D’autant plus qu’un autre poids lourd du gouvernement a marché dans les pas du ministre de l’Economie : "il faut faire attention à un niveau au-delà duquel on ne doit pas monter (...) Il faut être très très prudent, parce que sinon, ça se retourne", a lancé Laurent Fabius, l’ancien ministre de l'Economie de l'ère Jospin, sur BFM.

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"Un moratoire pour ne pas augmenter les impôts". Pour Ségolène Royal, qui fait son retour sur la scène politique socialiste à La Rochelle, il ne faudrait pas que la pression fiscale vienne casser le timide rebond de la croissance car "si elle reprend, l’alourdissement de la fiscalité n’est pas souhaitable, ni nécessaire, car l’impôt prélève sur le pouvoir d’achat. Et puis cela peut décourager l’initiative. Si on croit à la dynamique de croissance, il faut sans doute imaginer un moratoire pour ne pas augmenter les impôts." Et de conclure : "ne donnons pas de signaux négatifs", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes.

Harlem Désir, patron du PS, ne dit pas autre chose quand il invite le gouvernement, dans Le Monde, "à limiter au maximum tout nouveau prélèvement. La reprise est là, il faut continuer dans ce sens et ne surtout pas étouffer la croissance et l'emploi." "Ce serait une faute de passer la triple lame +cotisations-taxes-impôts", a également averti Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, dimanche dernier, à la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse. 

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Une voix dissonante. Si, au sein du parti socialiste et du gouvernement, ils sont nombreux à craindre que les  hausses d’impôts ne case le moral des ménages, la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann estime à l’inverse qu’en reconnaissant l’existence d’un "ras-le-bol fiscal" dans le pays, Pierre Moscovici se trompe de débat. "Je me rappelle ce genre de discours, un an avant 2002. On nous disait ‘on va perdre si on ne baisse pas les impôts’. On a baisé les impôts… et on a pris une raclée. La question n’est pas ‘plus ou moins d’impôts ?’ mais ‘qui les paye ?’.  Il faut que certains voient moins d’impôts, pour que les salariés voient une amélioration de leur feuille de paye, pendant que ceux qui sont plus riches payent davantage." Sa conclusion : "l’urgence, c’est une fiscalité juste."

La taxe carbone, une erreur de com'? Le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, a annoncé mercredi la création prochaine d'une "contribution climat énergie", devant les responsables écolos, réunis à Marseille. Un timing surprenant alors que de nombreuses voix s'élèvent au sein de la majorité contre une trop forte pression fiscale. Najat Vallaud-Belkacem, invitée vendredi matin, d'Europe 1, a d'ailleurs martelé à plusieurs reprises qu'"il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe. Il s’agit simplement de verdir des taxes déjà existantes sur l’énergie. Donc cela n’a pas vocation à créer un impôt nouveau.

Le PS fait sa rentréepar Europe1fr

Cécile Duflot a elle aussi tenter de minorer l’importance de l’annonce de son collègue de l'Ecologie... tout en s'en félicitant. Pour la ministre du Logement, la contribution climat-énergie est un "équilibre qui permet de sortir d'un modèle où l'on gaspillait 'l'énergie qui nous coûtait très cher pour un nouveau modèle beaucoup plus économe en énergie [et] il faut avoir le courage et la franchise de le dire, c'est tout le contraire de la taxe carbone", a-t-elle assuré.