PS-EELV, un accord dans la douleur

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PS-EELV, un accord dans la douleur
L'accord, validé par le Bureau national du PS, devra également l'être par le Conseil fédéral d'EELV ce week-end.@ MAXPPP
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Il aura fallu six mois de tractations pour que les deux partis trouvent un accord a minima.

Ils sont finalement parvenus à se mettre d’accord. Le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont trouvé un accord mardi, après six mois de négociations. Annoncé à l’issue d’une rencontre entre les deux numéro un des partis, Martine Aubry et Cécile Duflot, il a été validé par le PS et doit encore l’être par EELV. L’accord trouvé demeure cependant limité, actant même les deux principaux désaccords entre les deux partis.

Cécile Duflot a cependant qualifié le texte d’"ambitieux". En cas de victoire de la gauche, l’accord prévoit une coalition des deux formations à l’Assemblée, mais pas pour l’instant de participation des écologistes à un gouvernement. "C’est la volonté partagée de […] travailler à une coalition solidaire parlementaire de 2012 à 2017", a-t-elle affirmé.

"Un point de friction"

"Cet accord est l’aboutissement d’un travail approfondi et respectueux", s’est félicitée Martine Aubry, ajoutant : "la confiance entre nous en sort renforcée". La Première secrétaire a toutefois admis que le nucléaire restait "un point de friction".

Car ce thème constituait l’un des principaux points d’achoppement entre les deux partis, les écologistes exigeant la sortie du nucléaire. Mais François Hollande n’a pas transigé, restant attaché à sa volonté de réduire la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d’électricité français à l’horizon 2025. Cette proposition a finalement été retenue dans l’accord.

Chacun a campé sur ses positions

Mais sur l’EPR de Flamanville, le compromis trouvé mardi précise : "nos formations prennent acte de leur désaccord sur l'avenir du chantier de l'EPR de Flamanville". Début novembre, les négociations avaient été suspendues après l’intervention télévisée de François Hollande, qui avait promis de "préserver la construction d’un EPR".

Eva Joly, candidate EELV pour 2012, avait pourtant prévenu qu’il n’y aurait pas d’accord si François Hollande refusait d’arrêter le chantier de l’EPR. Au cours des discussions, chacun a campé sur ses positions, Eva Joly affirmant ainsi que les écologistes n’étaient "pas prêts à brader [leurs] idées pour quelques dizaines de circonscriptions".

Projet d’aéroport

Les discussions ont également coincé sur le projet d’aéroport de Notre-dame-des-Landes, près de Nantes : "nous prenons acte d’un désaccord entre nos formations politiques sur l’opportunité" de ce projet, jugé "indispensable" par le PS, mais auquel EELV s’oppose.

Au final, résume Stéphane Rozès, politologue, "c’est un accord a minima où chacun sauve la face". Pas nécessairement aux yeux de l’UMP, le compromis trouvé mardi suscitant le commentaire ironique d’Yves Jégo (Parti radical), sur Twitter : "Avec EELV et le PS on n’est jamais déçu ! Ils inventent maintenant l’accord sur le désaccord !".