Pronostics : comment Hollande peut-il s'en sortir ?

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Pronostics : comment Hollande peut-il s'en sortir ?
@ REUTERS
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SCENARIOS. Europe 1 évalue les cinq options dont dispose le président pour remonter la pente. 

15% ! Les Français ne sont plus que 15% à juger favorablement l’action de François Hollande, selon un sondage YouGov pour le Huffington Post et i>Télé diffusé jeudi. Outre cette impopularité historique, le chef de l’Etat doit affronter une croissance économique en berne et une majorité mécontente, qui lui demande de réagir.

Cinq journalistes d’Europe 1 évaluent la probabilité de voir les cinq différents scénarios qui s'offrent au président se réaliser.

Option n°1 : attendre des jours meilleurs

C'est aujourd'hui l'option privilégiée à l'Elysée : ne rien changer en espérant des bonnes nouvelles sur le terrain économique. François Hollande s'accroche à sa promesse faite aux Français, le 9 septembre dernier : inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année pour espérer retrouver un peu d'air et (surtout) de la popularité. "Depuis maintenant quatre mois, l'inversion de la courbe du chômage est acquise pour les jeunes" en France, s’est-il d’ores et déjà félicité, mardi, à l'issue de la conférence pour l'emploi des jeunes européens à Paris.

Les pronostics :

Arlette Chabot : 20%

David Doukhan : 100% 

Axel de Tarlé : 65%

Alexandre Kara : 50 % 

Caroline Roux : 50 %

david-doukhan

L'avis de. Pour David Doukhan, journaliste en charge du suivi de l'Elysée, ce scénario est aujourd'hui la carte-maîtresse du président. "François Hollande considère que toute autre initiative serait sans effet à moins qu'elle ne vienne valider les résultats économiques", décrypte t-il. Il y a aussi un peu d'orgueil chez le chef de l'Etat. A l'heure où tout le monde le presse de faire quelque chose, le président estime "inacceptable qu'on puisse lui dicter ce qu'il a à faire". "François Hollande estime qu'il doit rester maître de son agenda". Et ce, même au plus bas dans les sondages.

 

Option n°2 : remanier le gouvernement

C’est la solution la plus prisée des présidents, en mal de changement. Nicolas Sarkozy avait ainsi changé son équipe gouvernementale à trois reprises au cours de son quinquennat. Pour sortir de la crise politique et sociale dans laquelle est englué l’exécutif, des voix s’élèvent à gauche pour demander un remaniement de l’équipe Ayrault. "Quand on est essoufflé, il faut peut-être changer les hommes", estimait Anne Hidalgo, le 10 novembre dernier sur Europe 1. Pour la candidate socialiste à la mairie de Paris, "Il faut une équipe plus resserrée, plus à la tâche, plus mobilisée".

Sur BFM TV, le 29 octobre, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et membre de l’aile gauche du PS, a elle aussi appelé François Hollande à "un changement d'équipe gouvernementale" car "un sursaut s'impose". Et le président, qu’en pense-t-il ? Un remaniement ministériel viendra "en son temps" et "personne n'est protégé dans le gouvernement", assurait-il dans Le Point… en mai dernier.

Les pronostics :

Arlette Chabot : 0%

David Doukhan : 0% 

Axel de Tarlé : 20%

Alexandre Kara : 40% 

Caroline Roux : 30%

 

Axel de Tarlé 11/11/2013

L'avis de. Pour Axel de Tarlé, éditorialiste "économie" à Europe 1, l'urgence est de remanier Bercy "qui a besoin d'un vrai patron". "Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve sont trop effacés, Arnaud Montebourg, trop franc-tireur", tranche t-il. La mission de François Hollande est de "trouver une Taubira" à l'Economie, s'amuse Axel de Tarlé. "Quelqu'un qui a suffisamment d'autorité et qui sait faire de la pédagogie, comme la Garde des Sceaux l'a fait sur le mariage gay", estime notre éditorialiste. Des noms à suggérer au président ? "Un Laurent Fabius ou un Pascal Lamy", feraient bien l'affaire.

Option n°3 : changer de cap

François Hollande pourrait s'inspirer de François Mitterrand. En 1983, constatant l’échec de sa politique économique de relance, le président se résolvait à plonger le pays dans la rigueur. Depuis quelques semaines, c’est devenu le leitmotiv de la gauche de la gauche… mais dans le sens inverse. "Hollande doit changer de cap", martèle Jean-Luc Mélenchon à chaque occasion, suivi de près par le communiste Pierre Laurent. "Il a certes été élu pour cinq ans mais on ne peut pas attendre un désastre pour changer de cap", estime le premier. "A l'évidence, les budgets d’austérité et le pacte de compétitivité ne font pas la politique de redressement social attendue par les Français", enchérit le second.

Les pronostics :

Arlette Chabot : 50%

David Doukhan : 0% 

Axel de Tarlé : 0%

Alexandre Kara : 35% 

Caroline Roux : 0%

arlette chabot

© Europe 1

L'avis de. Arlette Chabot, journaliste à Europe 1, en appelle à l’histoire : "la réalité s’impose au président. Il doit faire comme François Mitterrand en 1983 et changer sa politique".

Option n°4 : débarquer Ayrault

En demandant "comme préalable indispensable à toute discussion avec le pays" de "remplacer d'urgence" Jean-Marc Ayrault, Malek Boutih s'est attiré les foudres de la majorité socialiste. En réalité, François Hollande n'a jamais vraiment envisagé de limoger son Premier ministre. Comme Nicolas Sarkozy l'a fait avec François Fillon, le président est bien décidé à user et à laisser encaisser son Premier ministre. "S'il peut garder Ayrault jusqu'à la fin, même carbonisé, Hollande le fera", pronostique un pilier du groupe PS à l'Assemblée, interrogé par Le Monde.

Les pronostics :

Arlette Chabot : 0%

David Doukhan : 0% 

Axel de Tarlé : 10% 

Alexandre Kara : 25 %

Caroline Roux : 10 %

Alexandre Kara 21.11.2012 930x620

L'avis de. Pour Alexandre Kara, chef du service politique d’Europe 1, "débarquer Jean-Marc Ayrault aujourd’hui n’aurait pas de sens. Faire cela avant des élections municipales et européennes qui s’annoncent plus que risquées pour la majorité, ce serait 'griller' un homme neuf. Si remaniement il y a, il sera ministériel avant d’être matignonesque".  

Option n°5 : dissoudre l’Assemblée nationale

Prévu à l’article 12 de la Constitution, la dissolution est l’arme ultime du président, qui provoque l’organisation d’élections législatives anticipées. C’est l’option préférée du Front national car "quand il y a une telle perte de confiance entre le peuple et le président de la République, il faut absolument revenir aux urnes", estimait Marine Le Pen, mardi dernier.

Mais la patronne du FN n’est pas la seule à suggérer l’option utilisée par Jacques Chirac en 1997, avec le succès que l'on connaît… Chantal Jouanno, sénatrice UDI, et son patron Jean-Louis Borloo y pensent aussi à voix haute : "au point où nous en sommes, je me demande s'il ne faut pas revenir devant le peuple. Je demande au président de réfléchir à une initiative politique qui peut être une dissolution ou un référendum sur un sujet particulier", a lancé le patron des centristes, mercredi matin, sur BFM TV.

Les pronostics :

Arlette Chabot : 0%

David Doukhan : 0% 

Axel de Tarlé : 5%

Alexandre Kara : 0% 

Caroline Roux : 0%

 

Caroline Roux 14/11/2013

L'avis de. Caroline Roux, éditorialiste politique à Europe 1, argumente : "dissoudre est plus qu’improbable car François Hollande aurait toutes les chances de devoir diriger le pays avec une majorité de droite. Et celui qui a été 11 ans à la tête du Parti socialiste n’enverra pas ses hommes au casse-pipe…".