Prime : les patrons n’en veulent pas non plus

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Prime : les patrons n’en veulent pas non plus
Image d'illustration@ MAX PPP
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Pour les patrons, la prime est un coût pour l’entreprise et empiète sur leur liberté.

Ni syndicat, ni patronat. La prime versée aux salariés dans des entreprises de plus de 50 personnes dont les dividendes augmentent, annoncée par le gouvernement mercredi, ne plait à aucun des partenaires sociaux. Du côté des patrons, on trouve la mesure chère et contraignante.

"Nous avons tous la préoccupation du pouvoir d’achat, au quotidien dans nos entreprises ", a assuré sur Europe 1 jeudi, Etienne Bernard, président du comité TPE (très petites entreprises), PME (petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de taille intermédiaire) du Medef.

Mais il a estimé que la prime était une "mauvaise mesure" :

Pour lui, "les entreprises qui sont visées [par la prime] sont les entreprises qui ont traversé la crise et sont encore en vie. Elles n’ont pas distribué de dividendes pendant la crise, sont maintenant en redémarrage et utilisent les dividendes plus souvent qu’on ne croit pour rembourser des emprunts (…) ou satisfaire des actionnaires-risques".

Etienne Bernard a rappelé que, selon lui, les PME sont les entreprises "qui nous manquent en France, elles ne grandissent pas parce qu’elles ont un problème d’actionnaires". Par ailleurs, il a jugé que c’était une erreur d'estimer que dans ces entreprises, "la distribution de dividendes est un signe de richesse", mais qu’il s’agissait plutôt d’un "signe de dynamisme".

Pouvoir d’achat et compétitivité

La CGPME a, de son côté, fait part d’un sentiment plus mitigé. Si la mesure est une "bonne nouvelle" pour les entreprises de moins de 50 salariés, ce n’est pas le cas pour les autres.

L’organisation, qui représente les patrons de petites et moyennes entreprises, a estimé ainsi que "la possibilité, sans caractère obligatoire, de distribuer une prime exonérée de charges dans les entreprises de moins de 50 salariés est une bonne nouvelle". Cela revient "à augmenter le pouvoir d'achat des salariés sans entamer la compétitivité", s’est félicité la CGPME.

Mais la CGPME aurait souhaité que cette liberté de verser ou non la prime soit appliquée "à l'ensemble des PME, jusqu'à 250 salariés". En obligeant les entreprises qui voient leurs dividendes augmenter à verser la prime, la mesure "empiète sur la liberté de gestion du chef d'entreprise".

La confédération a également regretté "qu'on crée un nouvel effet de seuil entre les moins de 50 salariés et les plus de 50".