Primaire UMP : climat électrique à Paris

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Primaire UMP : climat électrique à Paris
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DECRYPTAGE - A l'heure du premier tour, les doutes sur la transparence du scrutin se multiplient.

Le contexte. Coups bas, suspicions de fraude, mobilisation plus qu'incertaine, la primaire UMP tourne au naufrage. Dans la bataille, quatre candidats : l'ancienne ministre et députée de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet, le maire du Ier arrondissement de Paris Jean-François Legaret, le jeune copéiste Pierre-Yves Bournazel, élu du 18e arrondissement, et Franck Margain, vice-président du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin et conseiller régional. Si l'un des quatre candidats recueille au moins 50% des suffrages exprimés, il sera élu. Si un second tour est nécessaire, il se tiendra entre le vendredi 7 juin et le lundi 10 juin.

Ça marche, comment ? Depuis 8h vendredi et jusqu'à lundi 19h, les lecteurs parisiens, qu'ils soient encartés à l'UMP ou non, sont appelés à choisir sur Internet le candidat qui représentera l'UMP à Paris aux municipales. La procédure prévoit qu'ils s'inscrivent sur le site, qu'ils s'acquittent par carte bancaire ou chèque de trois euros, et qu'ils reçoivent par SMS un code leur permettant de voter. L'organisation du scrutin a été confiée à une filiale de la Poste, Docapost.
  

Manip et règlements de compte. Oui mais voilà, la campagne a dérivé en accusations de manipulations, de sabotage, et autres invectives, parasitée par le conflit entre la frange la plus droitière de l'UMP, emmenée par "La Droite forte", et les tenants d'une ligne plus modérée. Après les appels à faire battre la favorite, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Legaret a annoncé jeudi son intention de porter plainte au pénal. L'élu, qui a participé activement aux rassemblements de "La Manif pour tous" contre le mariage gay, accuse le député-maire du 16e arrondissement Claude Goasguen, soutien de NKM, d'avoir contribué à la diffusion auprès des électeurs de la primaire d'une vidéo datant de 2007 dans laquelle il se dit favorable à l'union civile pour les couples homosexuels.

>>> Pour en savoir plus, lisez l'article du Lab.

La hantise de la fraude. Le fiasco de l'élection à la présidence de l'UMP, en novembre dernier, a marqué les esprits. La fédération UMP de Paris, qui a fait appel à une filiale de La Poste, assure s'être entourée de tous les garde-fous pour éviter toute fraude ou dysfonctionnement. En pratique, les résultats seront "dépouillés" dès la clôture du scrutin en présence des quatre candidats, détenteurs chacun d'une clé destinée à déverrouiller le système informatique et d'Antoine Rufenacht, chargé du bon déroulement de la primaire, possesseur du cinquième Sésame. "Toutes les précautions juridiques ont été prises" et l'accord de la CNIL qui est "très sourcilleuse", est "demandé sur toutes les opérations", assure vendredi au Parisien l'ancien maire du Havre. Le hic. A peine le scrutin ouvert, les premiers bugs ont été recensés, notamment sur Twitter. 

Voilà ce qu'on peut lire sur le site PrimaireParis.fr :

vote-electronbique

Déjà des bugs. Jean-François Legaret menace déjà de contester les résultats du vote qui seront connus lundi soir. Le maire du 1er arrondissement de Paris a dénoncé jeudi un "piratage" des fichiers de la primaire, "avec ou sans complicité interne", ainsi que de difficultés rencontrés par les votants sur le site PrimaireParis.fr. Nathalie Kosciusko-Morizet a, de son côté, diffusé un communiqué s'alarmant d'un sérieux dysfonctionnement technique. "De nombreuses personnes inscrites sur le site des primaires rencontrent un important et récurrent problème technique de compatibilité de leur ordinateur pour le vote. L'installation exigée est l'activation d'une version récente de "Java" qui n'est pas une opération simple", s'indigne la favorite du scrutin en interpellant le Conseil Supérieur des Primaires et le prestataire de service Docapost. Après le psychodrame pour la présidence de l'UMP, le naufrage pour la primaire ?