Primaire PS : ça patine pour Valls

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Primaire PS : ça patine pour Valls
Manuel Valls doit redresser la barre après un début de campagne compliqué. @ THOMAS SAMSON / AFP
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S’il est en tête des sondages, l’ancien Premier ministre connaît pourtant une campagne difficile, entre adversaire surprise, déplacements compliqués et contradictions programmatiques. 

Manuel Valls joue gros jeudi soir. L’ancien Premier ministre est l’invité de l’Emission politique, sur France 2, avec une obligation de réussite. Car depuis qu’il s’est déclaré candidat à la primaire du PS et de ses alliés, le 5 décembre 2016, la "Blitzkrieg" prônée par son entourage ne donne pas les effets escomptés. Il reste favori selon les sondages, mais ses adversaires ne le ménagent pas, pas plus que certains Français qui le rencontrent lors de ses déplacements. Et ses propositions, parfois contradictoires avec son action ou ses déclarations passées, brouillent le message. Or, le temps presse. Le premier tour de la primaire est seulement dans un peu plus de deux semaines.

Des déplacements compliqués
Le premier déplacement du candidat Valls dans le Doubs n’avait pas franchement donné le ton d’une campagne réussie. Ambiance morose, image gênante, organisation à la limite de l’amateurisme, et pour finir, interpellation musclée et médiatisée par une militante, la journée avait été difficile pour l’ancien Premier ministre.  A Paris, le 17 décembre, il avait été apostrophé à plusieurs reprises sur le 49.3. Puis, pour finir l’année en beauté, il avait été enfariné, au nom du 49.3 toujours, lors de sa visite du marché de Noël à Strasbourg le 22 décembre. A chaque fois, engoncé dans sa posture de candidat, Manuel Valls a fait bonne figure, mais son contact avec les Français n’est pas aisé.

Et pourtant, l’ancien Premier ministre n’a pas renoncé à arpenter le terrain. La campagne de la primaire est trop courte pour qu’il se dispense d’aller à la rencontre des électeurs. Selon Le Figaro, Manuel Valls effectuera ainsi un déplacement par jour, hors débat, jusqu’au premier tour. Toulouse, Limoges, Rennes et Paris sont déjà au programme du candidat, qui sera aussi le seul à user de grands meetings. Des déplacements qui devront être soigneusement préparés pour que l’image qu’on n’en retienne ne soit pas un handicap pour Manuel Valls.

Un Tout sauf Valls se dessine
Mais dans ce début de campagne, le principal coup dur est incontestablement venu de Vincent Peillon. Le camp de Manuel Valls n’avait sans doute pas vu venir la candidature de l’ex-ministre de l’Education, qui lui dispute la défense du bilan un d’un socialisme plutôt centriste. Déjà principale cible d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, l’ex-Premier ministre n’avait sans doute pas besoin de cela. Les débats des 12, 15 et 19 janvier risquent bien, dans cette configuration, de tourner au "Tout sauf Valls".

Du côté des soutiens, c’est aussi mitigé. Certes, de nombreux parlementaires le soutiennent, et peuvent servir de relais sur le terrain. Mais peu sont réellement identifiés par le grand public. Et si la plupart des ministres soutiennent leur ancien patron ils sont soumis à un devoir de réserve, et ne battent pas campagne pour lui. Le Premier d’entre eux, Bernard Cazeneuve, observe lui une stricte neutralité, un coup dur en soi pour son prédécesseur. Celle qu’on entend le plus, finalement, c’est Ségolène Royal, et elle n’est pas tendre avec son ancien Premier ministre, ne cachant pas son grand intérêt pour la candidature d’Emmanuel Macron.

Enfin, du côté des Hollandais pur jus, ce n’est pas le fol enthousiasme. Michel Sapin et Yves Le Drian se sont contentés d’un soutien précoce et timide. Quant à Stéphane Le Foll, il a affirmé mercredi matin qu’il ne soutiendrait personne.

Un programme "à gauche toute" qui ne lui ressemble pas
Et puis il y a le fond. Celui qui a fait passer la loi Travail et la loi Macron à coup de 49.3 a surpris sans monde en se prononçant pour la suppression de ce dispositif constitutionnel. Et s’est attiré au passage un certain nombre de quolibets de ses adversaires. Mardi, il a dévoilé un programme très à gauche qui tranche avec celui de 2011. Fini la suppression des 35 heures et de l’ISF, fini les déclarations d’amour à l’entreprise. Manuel Valls a repris à son compte les fondamentaux du PS. Logique, en vue d’une primaire de gauche. Mais l’ancien Premier ministre se caractérisait auparavant par sa constance et par des prises de position qui tranchaient. Avec cette nouvelle posture, il risque de brouiller son message. Un pari risqué.