Primaire écologiste : "Hollande est en train de griller tous ses ministres"

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Lors du débat d'entre-deux tours de la primaire écologiste organisé mardi sur Europe 1, Michèle Rivasi a estimé que Cécile Duflot était une "victime collatérale" du gouvernement. 

LE DÉBAT

Certains la pronostiquaient gagnante avant même le scrutin. Elle n’est finalement pas en finale. Les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi - invitée surprise – se sont exprimés sur l’échec cuisant de Cécile Duflot à la primaire écologiste, lors du débat d’entre-deux tours organisé mardi sur Europe 1.


Cécile Duflot a "perdu le contact avec le terrain". "La grosse surprise de ce premier tour, c’est le fait que je sois là", reconnaît Michèle Rivasi. "Je le sentais sur le terrain. Parce qu’il y a eu plus de 10.000 personnes qui ont payé 5 euros pour pouvoir voter. Les militants disaient qu’ils voulaient une candidate intègre, présente sur le terrain, authentique. Peut-être, c’est dû au décalage de Cécile Duflot, d’être à l’Assemblée nationale et d’avoir perdu le contact avec le terrain", explique l’eurodéputée de 63 ans.

Entendu sur Europe 1
Avoir participé à un gouvernement qui n’a pas respecté ses engagements sur l’écotaxe, sur la fermeture des centrales… elle en a payé les frais.
Michèle Rivasi

"Une victime collatérale du gouvernement". "C’est peut-être une victime collatérale du gouvernement", continue-t-elle. "Avoir participé à un gouvernement qui n’a pas respecté ses engagements sur l’écotaxe, sur la fermeture des centrales… elle en a payé les frais. Hollande est en train de griller tous ses ministres. C’est terrible. On n’a pas de cap, pas de perspective", regrette-t-elle encore sur Europe 1. "Et donc c’est à nous de reprendre le relais, de montrer que c’est l’écologie politique qui va apporter des solutions au niveau des gens."

"Ce gouvernement a tourné la page à l'écologie". Un constat que ne contredit pas son adversaire, Yannick Jadot, qui considère que, si Cécile Duflot n’a pas nui à EELV, elle reste encore attachée à la politique du gouvernement actuel. "Je dirais qu’il y a la volonté chez les électeurs et les électrices de cette primaire d’émanciper l’écologie politique du quinquennat Hollande. Il y a l’impression que ce gouvernement a tourné la page de l’écologie. Il y a eu un gros succès de la diplomatie française sur la COP21 et depuis, toutes les annonces vont à l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour le climat, que ce soit sur Notre-Dame-des-Landes, sur les sociétés autoroutières, et sur le nucléaire évidemment", dénonce celui qui est arrivé en tête du premier tour de la primaire avec 35,61% des suffrages (contre 30,16% pour Michèle Rivasi). "Il y a donc le sentiment que ce quinquennat est un immense gâchis, et qu’il faut tourner la page pour engager une nouvelle page de l’écologie politique". Et de promettre, s’il est élu, de "réenchanter la politique".