Primaire PS : comment les candidats se sont préparés au débat ?

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À dix jours du premier tour, les sept candidats en lice pour la primaire de la gauche disputent leur première bataille télévisée jeudi à 21 heures.

L'ENQUÊTE DU 8H

C'est le grand jour ! Le premier débat de la primaire de la gauche a lieu jeudi soir, à dix jours du premier tour. Chaque candidat aura le droit à 80 secondes d’introduction, et autant de conclusion. En tout, les sept concurrents de la primaire organisée par le PS auront chacun 17 minutes de temps de parole pour répondre aux questions qui leur seront posées.

"Ça ne doit pas ressembler à un congrès du PS". Dans une primaire totalement incertaine, l’enjeu est majeur pour les prétendants à la succession de François Hollande. "Beaucoup se joue ce soir", souligne le politologue Stéphane Rozès. "Si le débat n’est pas de qualité, les Français feront peu attention à cette primaire car ils sont déjà accaparés à gauche par Emmanuel Macron". Dans un sondage publié jeudi matin, ce dernier est d'ailleurs le mieux armé à gauche, avec 16% d'intention de vote, pour jouer les trouble-fête entre Marine Le Pen et François Fillon, donnés en tête avec respectivement 25% et 24% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, dans un peu plus de trois mois. "Ça ne doit pas ressembler à un congrès du PS mais à une primaire avec des candidats qui pensent pouvoir devenir le président de la République", prévient encore l'enseignant à Science-Po et HEC.

Tous les candidats, sans exception, en ont conscience et affichent le même but. "Ils n’ont ni l’intérêt, ni l’envie d’aller chercher les autres sur je-ne-sais-quoi. Ça n’est pas une énième chicaya entre socialistes", assure Mathieu Hanotin, le directeur de campagne de Benoît Hamon. "Je suis intimement convaincu que les Français veulent voter en positif et pas en négatif dans cette primaire. Ceux qui ont joué à ça à droite n’ont pas fait de très gros scores", relève-t-il.

Valls et le self-control. L’agressivité ne devrait pas être de la partie jeudi soir. Une ligne peut-être difficile à tenir pour certains, compte tenu de l'animosité existante entre certains concurrents. Manuel Valls, qui peine à mobiliser, a par exemple travaillé avec ses conseillers son self-control. Son entourage sait qu’il a tendance à être exaspéré par Arnaud Montebourg. "C’est physique, c’est son ton, sa voix, ça l’énerve", confie un membre de l’équipe.

Montebourg et la diction. L’ancien Premier ministre peut se rassurer : Arnaud Montebourg, qui le battrait au second tour selon un récent sondage, s’est prêté à des séances quasi quotidiennes de media training avec des professeurs de théâtre pour poser sa voix. "On sait qu’il parle comme un aristo, ce n’est pas bon, on a corrigé ça", raconte un membre de son staff. 


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Hamon ou l’art de la synthèse. Benoît Hamon, lui aussi, connaît son point faible : son manque de concision. Il a passé 6 heures à s’entraîner avec ses conseillers, chronomètre en main. Mercredi néanmoins, l’ancien ministre de l’Education nationale ne se sentait pas très bien, et se demandait s’il ne couvait pas une petite grippe. Arriver malade à un débat peut réduire à néant la meilleure des préparations.

Peillon et les mauvais points. Enfin, c’est peut-être de Vincent Peillon que viendront les attaques. Il a prévu d’intervenir à chaque fois qu’il entendra une mesure de l’un de ses concurrents qu’il juge irréaliste ou mal travaillée. Le professeur Vincent Peillon prévoit donc de distribuer les mauvais points, ce qui ne devrait pas manquer d’énerver.

Un décor recyclé. Concernant le décor, le plateau est une version légèrement liftée de celui utilisé pour le débat de la droite. Les délais de la primaire de gauche étaient tels que TF1 n’a pas eu le temps de changer grand-chose. La seule différence ce sera la couleur dominante : le rose au lieu du bleu.

Quant à la disposition, choisie par tirage au sort, Benoît Hamon a gagné la place de choix, en plein milieu du plateau. C’est Manuel Valls qui parlera le premier et François de Rugy qui aura le dernier mot.