Primaire de la gauche : des débats qui font débat

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Primaire de la gauche : des débats qui font débat
Alors que Manuel Valls souhaitait placer le terrorisme au coeur des débats télévisés de la primaire à gauche, ses concurrents ont refusé.@ PATRICK KOVARIK / AFP
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Pas moins de trois grands oraux en une semaine sont prévus pour les candidats. Le calendrier, mais aussi les thèmes abordés, ne font cependant pas l'unanimité.

Le programme s'annonce chargé, la campagne intense. Les candidats de la primaire à gauche n'ont plus que trois petites semaines pour convaincre avant le premier tour du scrutin, le 22 janvier. Calendrier serré oblige, trois débats télévisuels sont organisés en une semaine. Les sept qualifiés s'affronteront en direct les 12, 15 et 19 janvier. Mais ce timing, comme les sujets abordés lors des débats, ont suscité de nombreuses tensions entre les équipes des candidats.

Gare à l'overdose. Il y a d'abord, en coulisses, la crainte qu'un tel sprint médiatique fatigue tout le monde, à commencer par les électeurs. "J'ai peur que les gens fassent un rejet, qu'ils soient saoulés de voir des socialistes dans tous les sens", confie ainsi le conseiller d'un participant au Parisien. À titre de comparaison, la droite avait aussi organisé trois débats avant le premier tour de sa primaire, mais ils étaient espacés de deux, voire trois semaines. Le temps de laisser les propositions de chacun infuser dans l'opinion. À gauche, les candidats n'auront pas cette chance, notamment parce que tout a été calé pour attendre une candidature de François Hollande qui, finalement, n'est jamais venue. "On a un calendrier pourri, formaté pour François Hollande", pestait déjà François Kalfon, directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, dans le JDD fin décembre.

Certains candidats ont bien essayé d'avancer la date du premier débat au 5 janvier, mais c'est le média organisateur, TF1, qui a mis son veto, ne pouvant être prêt si tôt.

Le sujet du terrorisme en question. Mais ce sont surtout les thèmes abordés lors de chaque grand oral qui sont sujet à controverse. Celui du terrorisme, notamment, a opposé Manuel Valls à ses concurrents. L'ancien ministre aurait en effet souhaité en parler pendant les trois débats, ce qui n'a pas manqué de hérisser les six autres candidats. D'abord parce qu'ils jugent que ce n'est pas essentiel. "On ne va pas faire le débat de la primaire de la gauche sur le terrorisme. À un moment donné, il faut présenter un vrai projet de société", explique ainsi Mathieu Hanotin, directeur de campagne de Benoît Hamon, dans les colonnes du Figaro. Sans compter qu'il revient traditionnellement à la droite de s'accaparer les thématiques sécuritaires. En faire le cœur d'une campagne de gauche déplaisait fortement à certains candidats, plus enclins à se concentrer sur le social et l'économie.

On ne va pas faire le débat de la primaire de la gauche sur le terrorisme.

Enfin, en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, mais surtout ancien Premier ministre au moment des attentats terroristes de Charlie Hebdo, du 13-Novembre et de Nice, Manuel Valls partait avec un avantage certain sur ses concurrents. "On voyait bien la combine", raille ainsi un proche d'un candidat dans Le Figaro.  

"On n'est pas là pour faire une conférence universitaire". Finalement, les thématiques abordées lors du premier débat, organisé par TF1, RTL et L'Obs, seront diverses et variées. Économie et société ouvreront le bal, avant que les candidats soient invités à s'exprimer sur la République, la laïcité, et enfin la politique internationale. Mais là encore, l'ordre des questions a donné lieu à moult discussions. L'entourage de Vincent Peillon voulait commencer par l'international, afin de faire écho à la proche investiture de Donald Trump (le 20 janvier). Pas question, ont répondu d'autres candidats. "Certains voulaient qu'on aille du général au particulier, de l'état du monde à l'état de la France. Mais on n'est pas là pour faire une conférence universitaire", tranche un membre d'un état-major dans les colonnes du JDD.

Comme pour les débats de la primaire à droite, les détails techniques ont aussi été réglés au cordeau par les équipes des sept candidats, les proches des petits prenant soin de vérifier que les différences de taille ne se verront pas à l'écran. Ne reste plus aux orateurs qu'à se préparer minutieusement. Tous le savent : un débat bien géré peut faire la différence. Ce n'est pas François Fillon, arrivé contre toute attente en tête du premier tour après trois grands oraux réussis haut la main, qui dira le contraire.