Primaire de la droite : le rassemblement a déjà commencé

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Antonin André, chef du service politique d’Europe 1, a vu dans le dernier débat de la primaire la volonté d'Alain Juppé et de François Fillon de préserver les conditions du rassemblement pour 2017.  

L'explication a eu lieu. Mais elle était loin d'être aussi musclée qu'attendu. Après la violence de ces derniers jours, les attaques d'Alain Juppé contre François Fillon le tradi, candidat de l’extrême droite, ambigu sur l’IVG… On s’attendait à un combat de rue, on a eu droit à quelques passes d'armes à fleurets mouchetés. Il y avait un vrai risque de s’abîmer, de dégrader le futur vainqueur, de l’affaiblir. Des échanges virulents, il y en a bien eu, sur l'IVG et le temps de travail. Mais les deux rivaux ont préféré rester dans la courtoisie.

Le geste de Juppé qui en dit long. Le débat n’a pas bouleversé les choses : François Fillon reste favori. Il est resté dans le même registre que lors des précédents épisodes : précis, rigoureux. Alain Juppé était d’avantage sur la défensive, il ne s’attendait pas à aborder le second tour en position d’outsider. Il s'est lancé dans de longues explications, pas toujours claires. Avec cette impression qu’il n’y croyait plus lui-même.

À la fin du débat un geste trahit un état d’esprit pessimiste : il appelle à "choisir celui de nous deux qui aura de grandes chances de devenir président de la République en 2017" et en prononçant ces mots il tourne sa tête vers François Fillon et le désigne du bras droit.

La droite ressort gagnante. Dans ce dernier débat, la droite a évité le risque de la fracture, et elle s’est rassemblée. Alain Juppé et François Fillon ont soldé les désaccords, eux qui sont d’accord sur l’essentiel. Derrière eux, les principaux acteurs de cette campagne affichaient un visage détendu. La droite sort renforcée d’un exercice qu’elle a expérimenté pour la première fois et qui n’était pas sans risque.