Primaire de la droite : le problème du renouveau

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Avec des candidats qui ont presque tous exercé de hautes responsabilités ces trente dernières années, l'offre politique chez les Républicains peine à incarner le renouveau tant revendiqué.

L'ÉDITO POLITIQUE

Ce week-end à La Baule, les candidats à la primaire de la droite et du centre se sont succédés : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon… Des personnalités récurrentes du paysage politique français depuis plus de trente ans.

Le RPR ressuscité. C’est un peu l’Union soviétique de Léonid Brejnev face à l’Amérique de Reagan. En 1981, François Fillon est élu député, en pleine Guerre froide. Cette année-là, Nicolas Sarkozy préside le comité de soutien des jeunes pour le candidat Jacques Chirac, quant à Alain Juppé, il est membre du RPR depuis sa création en 1976. Or, La Baule édition 2016 : c’est un peu le revival du RPR des années 80, mais avec les cheveux blancs et les rides en plus. On prend les mêmes et on recommence, et ça fait plus de 35 ans que ça dure !

Réveiller la jeunesse. Quelle est la vertu des primaires ? Enthousiasmer un maximum de citoyens autour du choix d’un candidat à la présidentielle, grâce à une offre politique renouvelée, avec des nouveaux visages, des nouveaux talents. Ce n’est pas d’ailleurs forcément une question d’âge, aux Etats-Unis par exemple, Bernie Sanders, 74 ans, a réveillé la jeunesse démocrate. Alain Juppé, lui, est ministre du Budget en 1986. Trente ans plus tard, il veut incarner le nouveau souffle de la droite.

À la recherche d'un renouveau. Il y a Bruno Le Maire tout de même, qui complète l’affiche et qui d’ailleurs a fait du renouveau son slogan, et puis il y a Nathalie Kosciusko-Morizet mais qui n’a pas encore ses parrainages. D’ailleurs, ce week-end, tous les candidats lui ont apporté leur soutien. Nicolas Sarkozy qui l’a éjectée de la direction des Républicains au début de l’année a eu des mots aimables, et même Laurent Wauquiez, avec lequel le niveau de détestation avait atteint des sommets, souhaite qu’elle obtienne ses parrainages. Après l’avoir moquée et ignorée, tous se réveillent à cinq jours de la fin de la date limite des candidatures pour appeler les élus à qualifier NKM à la primaire. La participation d’une femme, jeune qui plus est, pourrait leur permettre de casser cette ambiance de congrès du RPR, et donner un semblant de renouveau à cette primaire.

Le pavé Macron dans la mare. Pourquoi maintenant ce besoin de NKM dans la primaire de droite, ce besoin d’une touche de modernité ? Il s’agit sans doute de l’une des conséquences de l’effet Macron ; la popularité de l’ex-ministre de l’Economie repose précisément sur cette promesse de faire de la politique autrement, hors des vieux partis et des vieux mâles blancs qui les tiennent. Il est plus populaire à droite qu’à gauche, et son entrée fracassante dans la course à la présidentielle a fait ressortir ce week-end, par contraste, l’absence de renouvellement de l’offre politique chez les Républicains.