Primaire de la droite : "l'affaire est mal partie pour Alain Juppé"

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Après avoir très largement devancé Alain Juppé au premier tour de la primaire, François Fillon semble avoir toutes les cartes en main pour devenir le candidat de la droite en 2017.

INTERVIEW

"Le sondeur est toujours prudent, il ne peut pas dire que l’affaire est pliée mais elle est mal partie pour Alain Juppé". Invité d'Europe 1 lundi midi, Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion chez Harris-Interactive, a mesuré la forte probabilité d'une victoire de François Fillon au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche prochain.

Un vote anti-Sarkozy qui n'a plus lieu d'être. Pour le spécialiste, le vote pour Alain Juppé ne ressemblait pas à un vote d'adhésion. "Quand on regarde les motivations principales des électeurs qui ont voté en sa faveur, on se rend compte que 70% ont déclaré avoir voté contre Nicolas Sarkozy". Ce n'est donc pas le programme du maire de Bordeaux qui a séduit mais la perspective d'empêcher Nicolas Sarkozy de redevenir président de la République. L'absence de ce dernier au second tour annule, de facto, cette motivation. Par ailleurs, "une partie importante de son électorat vient de la gauche et du centre, et on n’est pas persuadé que cet électorat-là va se mobiliser au second tour", affirme Jean-Daniel Lévy.


La "dynamique" Fillon. Outre les handicaps d'Alain Juppé, le sondeur souligne surtout la "dynamique" dont bénéficie François Fillon. "On l’a vu en fin de campagne et on peut également le voir dans les ralliements de Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire", explique-t-il. Lors des trois débats de la primaire, le Sarthois s'est particulièrement distingué. "Celui qui apparaissait comme étant potentiellement le troisième ou le quatrième homme a émergé", abonde Jean-Daniel Lévy. "Il a d’abord réussi à récupérer une partie de l’électorat d’Alain Juppé, puis de Nicolas Sarkozy dans un deuxième temps". 

Une dynamique qu'avaient observé les instituts de sondage, mais dont la mesure n'a été prise qu'au moment de l'annonce des premiers résultats. Jean-Daniel Lévy convient : "Ce qui s’est passé lors de cette primaire, c’est du jamais-vu sous la Ve République".