Présidentielle : y aura-t-il suffisamment d’assesseurs dimanche ?

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A J-2 du scrutin, beaucoup de maires de villes moyennes cherchent encore leurs assesseurs. En cause : le duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron chamboule l’organisation.

L'ENQUÊTE DU 8H

C'est un branle-bas de combat inédit à deux jours du second tour de la présidentielle. Normalement, c'est la règle, chaque candidat - ou du moins son parti - doit fournir des assesseurs pour le bon déroulement du scrutin. Mais cette année, c'est impossible s'agace André Laignel, maire d'Issoudun.

"Incapables." En cause : la disqualification du PS et des Républicains dès le premier tour. Et le vice-président de l'association des maires de France l'avoue : les élus sortent les rames. "Les deux partis qui sont au second tour sont incapables de mettre des assesseurs. L'un, En Marche!, parce qu'il est de création récente et qu'il n'existe pas vraiment sur le terrain. L'autre, le FN, où ses adhérents ne souhaitent manifestement pas se montrer", explique André Laignel.

Les adhérents du FN ne souhaitent manifestement pas se montrer

Appels au civisme des citoyens. Dans sa commune de 12.000 habitants, cet édile a été obligé de nommer lui-même les assesseurs du PS et des Républicains. Ces militants, recrutés au 1er tour, ont accepté de revenir par geste purement citoyen, dit-il. A défaut, sur les 40 personnes dont il avait besoin le 23 avril, seuls deux assesseurs d'En Marche!, et deux du FN répondront présents dimanche. Même mobilisation civique à Paris où les équipes seront au complet. Mais les choses sont plus compliquées en banlieue. Le maire de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis vient de lancer un appel à tout le département pour trouver des volontaires. 

Des primes à Nice pour les volontaires. Y aura-t-il assez d'assesseurs partout ? Normalement oui, car le code électoral est très souple. Mais combler la pénurie a un prix. Déjà, de nombreux maires ont réquisitionné les membres de leur conseil municipal. A Dunkerque, les élus vont eux rémunérer leurs agents municipaux. A Nice, la municipalité a même prévu de verser 160 euros brut aux citoyens qui se porteront volontaires. Et dans le pire des cas, le maire demandera tout simplement dimanche à ses électeurs, en quelque sorte les premiers venus... A condition qu'ils sachent lire et écrire.